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 i turned around and you were gone | Carter

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Maximilian HaleGod bless America… and Me
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MY BOOK COVERArrivé à Washington le : 21/01/2017
Pages lues : 228
Crédits : fuckingfrenchy, tumblr & wadewinstonwilsons & tedystaleva, rebloggy
Avatar : James McAvoy
Pseudo : Marie
Âge : Trente-trois ans ◊ 8 juillet 1984.
MY SOUL
Carnet de relation
Relationship:

MessageSujet: i turned around and you were gone | Carter   Mer 15 Fév - 21:30


Maximilian & Carter
« If our paths don’t cross this side of heaven,
I’ll be looking for you in that eternal city. »
-  James C. Dobson





Max n’avait pas toujours eu l’habitude d’aller au Starbucks, malgré le nombre presque astronomique des cafés rattachés à la fameuse enseigne, au moins aussi nombreux que les fastfoods ayant pour mascotte un clown tout de jaune, de blanc et de rouge, et dont la colonisation planétaire n’était plus à prouver. Peut-être n’était-ce pas de son époque, peut-être le fait de vivre dans une petite ville trop insignifiante pour qu’autre chose qu’un dinner familial décide de s’y installer l’avait habitué à faire sans… Sans compter que le café de la filial le plus proche de chez lui se trouvait, à l’époque, à un quart d’heure de voiture, du côté de Napa, puisque ceux de Santa Rosa et de Sonoma, jusqu’à preuve du contraire, ne demeuraient accessibles que par vol d’oiseau, ou par petits chemins de terre à travers deux parcs fédéraux –un trajet pas franchement pratique pour aller siroter un café entre amis. Au final, avec quantité d’autres choses, sa nouvelle vie à Washington lui avait fait découvrir les merveilles d’un chocolat viennois dit « signature » : comme quoi, tout changement n’était pas forcément mauvais… Même lorsqu’il survenait de la plus tragique des façons.

Nouvelle ville, nouvelles pratiques, nouveaux rituels. Il était incroyable de voir avec quelle vitesse Maximilian avait pris le pli de hanter le Starbucks du côté de Georgetown, autant agréable pour ces essaims d’étudiants venant bénéficier  du wifi gratuit à grand renfort d’éclats de rires et de conversations enflammées, que pour le confort offert pour savourer une boisson chaude seul, ou avec une relation pro. Même un rendez-vous travail, s’il se prêtait à l’informalité, pouvait parfaitement s’organiser là, sans que quiconque se sente offensé, vu le cadre à la fois agréable et sérieux dont tous profitaient librement, un beau gobelet fumant à la main. Plus notable encore, Maxim se plaisait même à s’y rendre seul, lui qui ne se cachait pas d’être raisonnablement casanier, et d’apprécier une paisible solitude, tranquillement dégustée sur son canapé, dans le silence d’une grande maison vide : chapeau bas donc à la marque à la sirène, pour avoir réussi à concevoir des denrées suffisamment désirables pour le tirer hors de sa tanière, et cela sans que personne n’ait à le motiver à sortir. Lorsque sa journée de travail touchait à sa fin plus tôt que prévu, l’envie lui prenait souvent d’aller boire quelque chose, au lieu de directement rentrer, et de limiter ses interactions sociales u minimum frôlant le zéro absolu. Simplement s’asseoir là, se laisser peu à peu bercer par les brouhaha ambiant tout en regardant par la fenêtre les passants perdus dans leurs pensées ou absorbés par leur smartphone, et rêvasser à tout et rien, peut-être tenait-il là la définition de ce à quoi ressemblait l’épicurisme au XIXème siècle, dans une grande ville de la côte Est des Etats-Unis, où il semblait être à la mode de crouler sous le stress, tout en jonglant avec trente activités à la minute.

Hale, lui, ne nécessitait pas grand-chose : juste une chaise près d’une baie vitrée, pour à loisir épier le spectacle anonyme de la rue, et la plus grande taille de verre possible pour jouir d’autant de chocolat chaud que nécessaire pour rêvasser tout à loisir, tranquillement dans son coin ; une activité pour le moins oisive qui avait été loin de l’attirer dans son autre existence, achevée quatre ans auparavant. Il n’y avait bien que les imbéciles qui ne changeaient pas d’avis, se répétait-il avec bonne humeur ! Comme si cette amusante évolution, pour le moins semblable à une énième fracture entre son présent  et son quotidien enterré sous la poussière et les vieux souvenirs, là-bas en Californie, ne comptait pas parmi les maints indices qui auraient dû lui mettre la puce à l’oreille, le prévenir des tourments qu’il s’infligeait à lui-même… Selon la croyance populaire, reconnaître qu’on avait un problème constituait un premier pas vers l’amélioration ; autant dire que Maxim en était loin, et mettait chaque jour un peu plus de distance entre cette idée et lui, s’élançant d’un pas guilleret dans la direction opposée, un grand sourire allègre plaqué sur le visage. L’ancien temps, cependant n’avait pas dite son dernier mot…

Cette escale au Starbucks ressemblait à toutes les autres, et n’eut donc pas l’occasion de mettre la puce à l’oreille du critique gastronomique : un peu de monde occupait déjà la salle, et quelques personnes patientaient pour obtenir leurs consommations, en une queue de taille correcte, pas suffisamment allongée et chargée en ondes négatives de clients irritables pour décourager le nouveau venu. S’insérant sagement à l’extrémité de la file, Max suivit le processus habituel de confection de sa drogue préférée, depuis la prise de la commande jusqu’au paiement, selon un fonctionnement propre à ce type d’établissement, et apte à perturber celles et ceux coutumiers des cafés à la française, par exemple, où un seul employé s’occupait de vous de A à Z. Présentement, toute une petite escouade de jeunes gens, en tablier vert, s’affairait pour mieux réduire aussi vite que possible le nombre de quidams en train de se morfondre le regard dans le vague et le corps en manque de caféine, armada d’étudiants arrondissant leur fin de mois à grand renfort de lattés distribués à tour de bras, et avec le sourire, quoi qu’il advienne ; pour les tirer un peu de leur course effrénée, Hale, toujours poli, se plaisait à tâcher de leur tirer un sourire en demandant le plus grand chocolat qu’ils seraient en mesure de trouver, et avec le maximum de garniture par-dessus, sans quoi la vie était définitivement trop triste. Comble de l’amabilité, il préférait même employer un des diminutifs de son prénom –son préféré, et le seul qu’il tolérait vraiment, ainsi qu’utilisait quasiment quotidiennement, à savoir « Maxim »-, afin d’éviter au préposé au marqueur noir d’avoir à s’escrimer avec la version complète, peu facilement audible dans le bruit des discussions environnantes, et particulièrement pénible à écrire sur un gobelet, dont d’ailleurs elle devait bien réussir à en recouvrir toute la circonférence. Ça pouvait ne pas paraître grand-chose, mais un sourire, une discrète plaisanterie, ou encore une petite attention suffisaient bien souvent à vous voir offrir en retour une mine amicale, certes fatiguée, mais ravie que quelqu’un, au cours de cette interminable journée, les voit comme des êtres humains et non comme des distributeurs à décas.

Alors qu’il tendait la main pour s’emparer de son précieux Graal au délicieux parfum de cacao, un autre verre fut déposé à côté du sien, sur lequel il lut par inadvertance le prénom de sa future détentrice, Carter. Dans son esprit, une réminiscence taquine essaya de se frayer un chemin jusqu’à sa conscience, alors qu’en une fraction de seconde, Max se souvint d’avoir connue quelqu’un portant ce prénom-là, une demoiselle, même, une bonne amie ; durant ces mêmes millisecondes de réflexion, Hale saisit sa commande et releva les yeux vers une jeune femme s’étant approchée tout comme lui pour récupérer son dû, jeune femme que Maxim connaissait fort bien sans parvenir à la remettre sur le coup, alors que celle-ci, au contraire, semblait l’avoir parfaitement reconnu.

Toc toc, c’est le passé qui revient aux nouvelles, sait-on jamais…






avatars (c) merenwen & valingaï
Titre : Angus & Julia Stone - Old friend
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