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 LEVI ▬ It's a four letter words for disappointment

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Levi AbberlineGod bless America… and Me
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MY BOOK COVERArrivé à Washington le : 17/08/2016
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MessageSujet: LEVI ▬ It's a four letter words for disappointment   Dim 4 Sep - 17:24

Levi Abberline
Hello darkness my old friend, I've come to talk to you again

Prénom : Levi, ce prénom très court, qui semble bien original pour bien des gens, mais qui, en fait, n’est qu’une façade. En vérité, mon prénom est Leonard. Au moment de ma naissance, ma mère semblait trop peu désireuse de se casser la tête, alors elle m’a donné le prénom de son défunt oncle, qui avait rendu son dernier souffle deux semaines avant. Par contre, Leonard, ça fait vieux monsieur, pas jeune sensation de la pop à l’époque. Sitôt que j’ai signé mon contrat pour le groupe, j’ai changé mon prénom pour Levi, parce que c’était la marque des jeans que je portais à ce moment, et je ne suis jamais revenu à mon nom d’origine. Nom de famille : Abberline. Au moins, personne n’a touché à celui-ci. C’est le nom de jeune fille de ma mère. Elle a toujours refusé de me donner celui de mon père, qui est parti avant même que je sois né. Je ne m’en suis jamais plaint, parce que clairement, je ne me serais pas vu porter le nom d’un homme qui n’a jamais voulu savoir quoi que ce soit par rapport à moi. Date & lieu de naissance : Je suis né le trente-et-un août mille neuf cent quatre-vingt-six dans un quartier paumé de Washington, là où j’ai passé également toute mon enfance, jusqu’à mes quinze ans. Âge : J’ai récemment passé le cap de la trentaine. Certains disent que c’est un âge qui fait mal, d’une façon ou d’une autre. Personnellement, je m’en fiche. Que j’aie vingt-neuf, trente ans ou même plus, ça ne change pas grand-chose à ma vie, pour tout dire.  Métier : Après avoir été membre d’un boys band pendant six ans, je n’ai pas su et je n’ai surtout pas voulu continuer dans le domaine. J’ai donc enchaîné les petits boulots pourris, jusqu’à ce qu’un moment ou un autre, mon comportement énerve mon patron et que je sois mis à la porte. Actuellement, je suis vendeur de souvenirs ambulant au National Mall. Le type qui se balade sur un chariot à bicyclette, avec un chapeau débile sur la tête, c’est moi. Je m’en contente pendant que je le peux, et lorsque je le perdrai, je verrai ce que je ferai par la suite. Statut civil : Célibataire est le titre que je porte le mieux. Je suis celui qui n’a jamais vraiment eu de relation stable et qui n’arrive pas en garder une de toute façon. Mais au fond de moi, je préfère me considérer comme un père, même si je sais bien que bien souvent, je ne le mérite pas. Statut financier :Trop peu convenable. On pourrait croire que vu le succès du groupe, je nage dans l’argent, je dors dans les billets, je trouve que j’en ai trop, mais c’est loin d’être le cas. Je n’ai pas vraiment songé à économiser, donc je vis sur le maigre salaire que je gagne, salaire que bien souvent, je ne dépense pas nécessairement à bon escient. Mes quelques économies, je les dépense pour faire plaisir à ma fille, sinon, je l'utilise à mauvais escient. Une chose est certaine, c'est que la promesse comme quoi je pourrais rouler sur l'or toute ma vie, elle est complètement fausse. Caractère : Cynique, pessimiste, dévoué, incompris, discret, colérique, naïf, gentil, solitaire, indépendant, débrouillard, sensible. Parti politique : Je me considère apolitique parce que je ne prends pour aucun parti ou quoi que ce soit. Je trouve que la politique est une grande comédie à laquelle je ne veux participer de quelconque façon. Groupe : Me, Myself and I. Avatar : Tyler Hoechlin.
Combien de livres lis-tu par mois ? Quels sont tes préférés ?
Personne ne le sait vraiment, mais il fut une époque, quand j’étais adolescent, où j’adorais lire. À cette époque, puisque je n’étais pas un lecteur rapide, je pouvais lire un livre par mois, deux lorsque c’était les vacances. Pour moi, c’était un moyen de m’évader, de penser à autre chose que ce monde que je trouvais déjà un peu trop dérangé pour moi à l’époque. Par contre, depuis mes vingt-et-un ans, je n’ai pas touché à un seul bouquin. Pour m’évader, je préfère fumer un joint, renifler de la coke… En mon sens, c’est beaucoup plus efficace et ça demande moins de réfléchir, même si au fond de moi, ça ne me fait pas plaisir d’agir ainsi. Par contre, mon corps ne me laisse pas le choix de faire autrement.

Pour toi, l'amitié c'est...
Ce n’est pas fait pour moi, tout simplement. J’ai cru pendant longtemps que les amis étaient la chose la plus précieuse que je pouvais avoir. Je pensais avoir des amis au sein du groupe dont je faisais partie. Plus encore, je les considérais comme ma famille, ceux en qui je pourrais toujours avoir confiance et ce, sans me poser de questions. Dès que nos années de gloire furent terminées, j’ai compris que tout comme notre célébrité, ce n’était qu’une façade. Aujourd’hui, je me dis que je n’ai que des connaissances et que les véritables amis, ça n’existe pas. Je ne peux compter que sur moi-même.

Quelle est la chose la plus folle qu'on a raconté sur toi ?
Il y en a tellement eu que je ne saurais pas vraiment dire c’est quoi la plus cinglée d’entre toutes. J’ai été en couple, marié, divorcé avec un paquet de célébrités. D’autres ont dit que j’étais homosexuel, que j’avais une relation avec un des membres du groupe, ce membre de groupe changeant à chaque semaine. Par contre, dans le lot, je suppose que les plus débiles sont celles qui m’incriminaient de certains trucs, comme d’avoir volé dans un restaurant ou bien d’avoir couché avec une mineure sans son consentement. Bref, jamais je n’ai été clean dans les médias et dans la bouche des gens, même si je faisais mon possible pour l’être. À présent, je m’en moque un peu, je sais que je ne saurais être parfait pour qui que ce soit, et aujourd’hui, je n’essaie plus de l’être malgré tout, je m’en fiche, tout simplement.
Petit un. Tout le monde sait que mon compte en banque est vide. Ce que les gens ne savent pas toutefois, c’est que j’ai un compte-épargne avec trente mille dollars dans celui-ci. Par contre, je n’y touche pas, parce que c’est l’argent que je souhaite donner à ma fille lorsqu’elle voudra étudier à l’université. - Petit deux. J’ai un tatouage sur le poignet gauche, le prénom de ma fille. Je l’ai fait faire quelques jours après sa naissance, parce que je savais déjà à ce moment qu’elle serait probablement la personne la plus importante dans ma vie. - Petit trois. Depuis mes quinze ans, j’écrivais une lettre à ma mère chaque semaine, même si on se parlait au téléphone ou autre entre-temps. Depuis que celle-ci est décédée, il y a cinq ans, j’ai quand même continué de le faire, parce que c’est ce qui me permet de me faire sentir mieux, trouver qui je suis vraiment. Parfois, j’aurais envie d’en écrire à ma fille, mais je n’en ai pas le courage, parce que je sais que le véritable moi, jamais elle ne saurait l’aimer. Petit quatre. Il fut une époque où j’étais imberbe et que j’avais des mèches blondes. Semble-t-il que c’était sexy à l’époque mais quand je regarde ça, je n’en suis pas certain. La seule chose que j’aime bien de mon évolution plutôt extrême, c’est le fait qu’on me reconnaît trop peu dans la rue à présent, et ça m’arrange. Petit cinq. Parfois, j’aime aller dans les musées, comme pour me convaincre que je ne suis pas devenu complètement idiot, ou plutôt, essayer de ne pas devenir complètement idiot. Et puis, c’est environ la seule sortie que je peux me payer; la majorité sont gratuits. Petit six. Une partie de moi aimerait être sobre tout le temps, pas seulement deux jours aux deux semaines. Par contre, j’en suis à un point où mon corps ne me laisse pas faire ça, désignant un manque dès que ça devient trop long avant d’avoir une dose. Petit sept. SI jamais je pouvais reprendre ma vie en main, je deviendrais peut-être intervenant pour les adolescents en difficulté, avec une vie familiale complexe ou désireux de foutre leur vie en l’air, histoire qu’ils ne fassent pas les mêmes erreurs que moi. Par contre, je suis trop peu convaincu que je saurai me reprendre en main un jour. Petit huit.  Je suis intolérant au lactose. Par contre, lorsque ma fille me le demande, je ne peux jamais refuser d’aller manger une glace avec elle, qu’importe si j’ai mal au ventre après ou pas. Petit neuf. Grand sensible, j’ai bien souvent la larme à l’oeil très facilement, que ce soit en regardant un film, en assistant à quelque chose de triste, ou moi-même quand je me retrouve seul avec des pensées trop peu joyeuses qui ne sont pas encore  ternies par la drogue.  Petit dix. Suite à un léger accident, j’ai un tic nerveux incontrôlable, c’est à dire que lorsque je me sens tendu, j’ai tendance à cligner de l’oeil gauche sans m’en rendre compte, ce qui peut bien souvent porter à confusion, puisqu’on dirait que je fais un clin d’oeil à mon interlocuteur. Petit onze. Je n’ai jamais détesté le fait de chanter. J’ai cessé parce que cela me rappelait de mauvais souvenirs mais parfois, je ne peux nier que je meurs d’envie de recommencer parfois, juste pour le plaisir, comme lorsque j’étais enfant.
Prénom : Marilyne. Pseudo sur le net : Mayiie. Âge : Vingt-cinq ans. Pays : Canada. Comment as-tu découvert le forum ? J'ai participé à sa création  . Quelles sont tes premières impressions ? Je peux difficilement répondre, je ne serai pas neutre. Crédits : Cranberry & Tumblr. Un petit mot pour la fin ? Je vous aime très fort beaucoup  .

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<pris>TYLER HOECHLIN</pris> ► Levi Abberline
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MessageSujet: Re: LEVI ▬ It's a four letter words for disappointment   Dim 4 Sep - 17:24

You want to make a memory
People writing songs that voices never share and no one dare disturb the sound of silence

The day I was born Le monde qui m’a entouré a toujours été rempli d’ironies. J’en suis convaincu depuis aussi longtemps que je connais la définition du mot « ironie », si mes souvenirs sont bons, ce qu’ils ne sont pas vraiment toujours, ou du moins, ils le sont beaucoup moins qu’ils ne devraient l’être pour une personne de mon âge. Et selon ce qu’on m’a raconté avant, quand j’y songe, je ne trouve pas de meilleur mot pour le décrire non plus. La preuve la plus concrète et la plus triste que j’ai de ce fait est ma naissance. Il y a trente ans, rien n’obligeait les Américains à avoir une assurance-santé et de ce fait, la division des gens était faite selon leurs moyens et non la gravité de leur situation. Cela a fait en sorte qu’à côté de la chambre d’une famille fortunée, dans un lit des plus confortables, avec un médecin personnel, tout ce qui pouvait aider à ce que l’accouchement de la femme soit des plus agréables, il y avait ma mère, qui avait hérité de la salle d’accouchement la plus désuète, de l’équipe médicale qui n’avait pas envie d’être là, parce que tous savaient qu’elle n’aurait pas les moyens de payer ses frais médicaux. J’avais seize ans et mes frais médicaux pour ma naissance n’étaient pas payés, voilà comment j’ai su tout cela, parce qu’elle n’avait pas eu le choix de me le raconter, cette histoire de ma naissance qui n’avait pas été de tout repos pour elle. Non seulement, ça avait duré de longues heures, mais de plus, elle avait été seule, complètement seule comme elle l’avait toujours été depuis qu’elle se savait enceinte de moi. Évidemment, mon père, je n’avais jamais connu, avait pris la fuite sitôt qu’il avait appris que cette fille qu’il disait être l’amour de sa vie attendait son enfant. Inutile de mentionner que dans ces circonstances, combiné au fait que notre appartement situé dans un immeuble à modeste revenu dans un quartier peu fréquenté et fréquentable de Washington, ne nous donnait rien pour avoir une vie des plus simples et des plus tranquilles.

8 y.o. Malgré tout cela, probablement parce que c’est la seule chose que j’avais vraiment connue dans ma vie, j’ai réussi à avoir une vie relativement heureuse avec ma mère. Évidemment, nous n’avions pas grand-chose, et il était difficile d’en avoir plus que nous en avions, parce que ma mère n’ayant pas pu faire quelconque étude par manque d’argent, mais aussi de temps en raison de mon arrivée qui n’était clairement pas prévue dans ses plans de vie, qui ne lui laissait pas le temps de travailler autant qu’elle aurait dû à la base. En gros, tout cela était un cercle vicieux; elle voulait travailler pour tenter de nous faire survivre, mais si elle travaillait plus, il fallait qu’elle trouve quelqu’un pour s’occuper de moi, quelqu’un qu’elle devait payer ne serait que quelques dollars par heure, ce qui ne lui permettait pas de vraiment profiter de l’argent qu’elle pouvait faire de ses heures supplémentaires. Trop jeune pour faire quoi que ce soit, je restai pendant bien longtemps impuissant, me contentant de subir passivement ce manque de moyens qui ne me permettait pas de joindre une équipe de baseball comme les enfants de mon âge ou quoique ce soit du genre. À la place, je jouais dans la rue, ou bien quand nous avions de la chance, dans le parc en face de l’immeuble, quand celui-ci n’était pas occupé ou bien qu’il n’y avait pas un gardien déjà prêt à nous chasser. Et puis, plutôt que d’aller à l’église chaque dimanche et joindre éventuellement le chorale pour être ce petit enfant de choeur irréprochable, je me retrouvais à apprendre à chanter de moi-même, en écoutant ma voisine prendre un plaisir fou à le faire à chaque soir, à un tel point que moi-même, je m’étais mis à croire que peut-être que quelque chose d’aussi simple pouvait rendre heureux. Et au final, ça commença à me rendre heureux, chanter. Mieux encore, cela rendait ma mère heureuse, parce que finalement, au travers de ses traits tirés, je la voyais sourire. Puis, ce plaisir que je prenais à chanter, parce qu’à huit ans, je ne me souciais pas d’avoir un talent quelconque, finit par devenir quelque chose de pratique. À l’approche de Noël, sans que je comprenne pourquoi dans un premier temps, ma mère m’emmena à l’extérieur, dans une rue passante non loin de notre demeure, m’y installa, et me demanda de chanter les cantiques que j’avais appris au cours des semaines précédentes. Enfant, je ne me posai pas de questions, m’exécutant en oubliant les gens qui commencèrent à s’agglutiner autour de nous deux, souriant, applaudissant à la fin d’une chanson. Au bout du compte, ce fut probablement le plus beau Noël que j’eus avec ma mère, puisque ce fut celui où nous pûmes nous payer un véritable repas, quelque chose de bien, avec mêmes quelques décorations et un petit cadeau pour moi, au pied de notre sapin de fortune.

15 y.o. Inutile de mentionner qu’à la lumière de ce souvenir que je considérais comme étant inoubliable, malgré mon jeune âge à l’époque, cela m’a encouragé à continuer dans cette voie, chanter pour le plaisir, dans l’espoir que cela puisse rendre mon entourage heureux ne serait-ce qu’un peu. Je me sais plutôt naïf, mais même en poussant un peu plus, j’avais envie de croire qu’à ma façon, je pouvais apporter quelque chose de bien, sans toutefois songer une seule seconde que ce talent que je possédais selon ma mère pourrait apporter autre chose financièrement que quelques dollars quand venait le temps des Fêtes. Plus encore, alors qu’au début du lycée, lorsque j’ai fait la connaissance d’un jeune homme qui avait pile mon âge - parce que nous étions nés le même jour - Derrick, et que nous avions choisi de faire partager notre passion ensemble, je ne cherchais pas autre chose que le simple fait de m’amuser. Bon d’accord, je devais admettre que je ne me plaignais pas quand je voyais le regard des jeunes demoiselles devenir soudainement un peu plus admiratif à mon égard quand je jouais avec Derrick dans la cour d’école, ou bien à la sortie du lycée, mais autrement, jamais je n’avais cherché plus loin, jusqu’au jour où Derrick et moi sortions de l’école, comme n’importe quelle autre journée depuis le début de l’année scolaire, un homme vint nous approcher, nous signifiant qu’il avait entendu parler de notre talent et qu’il était venu nous observer la veille. Dans un premier temps, cela ne sonna pas de cloche dans ma tête, parce que le quartier dans lequel j’avais grandi et où je vivais toujours, des gens un peu louches qui n’appartenaient pas au milieu, il y en avait toujours, si bien que je ne me posais même plus de questions sur la raison de leur présence, tant et aussi longtemps que ça ne finissait pas en drame quelconque. Par contre, ce qu’il dit par la suite me laissa complètement bouche-bée; il vint nous proposer à Derrick et moi de le contacter afin de passer une audition pour former, avec d’autres jeunes hommes de notre âge, un groupe de musique. Au début, je ne sus y croire, pensant sincèrement que c’était une blague, mais Derrick et moi finîmes par nous convaincre l’un et l’autre de le contacter, sans avoir aucune idée d’où cela pourrait nous mener.

16 y.o. Au bout du compte, ce que je pensais être une proposition légère qui ne mènerait où que ce soit devint une véritable folie. Au cours des six premiers mois, bien souvent enfermé dans un studio, que ce soit pour apprendre une chorégraphie ou bien enregistrer une chanson, je ne m’en rendais pas vraiment compte. Il fallait dire qu’à ce moment, nous n’étions qu’une promesse de quelque chose de bien, un groupe qu’on vendait avant que celui-ci ne fasse ses preuves. Ce fut au moment de sortir un premier album que tout cela a éclaté dans mon visage. Je venais tout juste d’avoir seize ans, et pour la première fois de ma vie, je n’étais plus ce petit garçon issu d’un milieu paumé qui chantait pour avoir quelques dollars à Noël ou simplement pour le plaisir, pour avoir l’attention des filles. Les quelques dollars étaient suivis de plusieurs zéros sur mon contrat, dès le départ, le plaisir, je le partageais en groupe, et les filles, il n’y en avait plus que deux ou trois à la fois; elles étaient si nombreuses à chaque apparition que je ne tentais même pas de les compter. En un an, j’étais passé de ce petit garçon, Leonard, qui ne savait pas trop quoi faire dans la vie, à Levi, ce membre de boys band idolâtré, qui n’était plus vraiment une personne, mais une statue, un spectacle. Adolescent en pleine croissance, juste heureux de faire ce qu’il aimait, en pleine lune de miel, je n’y voyais là que du bonheur. Le bonheur de vivre quelque chose de spécial, que jamais rien ni personne ne saurait m’enlever à cette époque pour moi, le bonheur de pouvoir envoyer à ma mère de l’argent régulièrement pour l’aider à aller mieux, à payer ses dettes, à s’offrir un meilleur mode de vie, le bonheur d’être finalement devenu quelqu’un de bien, une personne reconnue, j’en avais l’impression.

18 y.o. Pendant un peu plus de deux ans, je vécus sur un véritable nuage, me laissant emporter par la vague formée par tout ce qui entourait le boys band sans vraiment me poser de questions. Les journalistes nous aimaient, alors nous donnions un paquet d’interviews. Les filles pleuraient en nous voyant, on s’en montrait touchés, on signait des autographes, prenions des photos à profusion, tellement que le flash des appareils, au bout d’un moment, finit par ne même plus me déranger. Puis, alors que nous grandissions tous, nous connûmes ce que bien des gens appelaient la vie de tournée. Pas celle où nous allions tous dormir après le concert - quand l’adrénaline redescendait, évidemment - mais plutôt celle où nous faisions la fête dans des bars et boîtes de nuit exclusives, qui nous laissaient rentrer même si nous n’étions pas majeurs pour la plupart, moi le premier. Persuadé que c’était ça qu’il fallait faire pour être accepté, pour entretenir ce sentiment d’appartenance, j’avais embrassé ce mode de vie. J’avais accepté de sortir, boire, voire même me droguer une fois de temps en temps, parce que tout le monde le faisait, parce que Derrick, qui était encore et toujours mon meilleur ami, le faisait quand je le poussais à le faire, et il me poussait également. Et puis, naïvement, je commençai à prendre plaisir à avoir des filles autour de moi, que je pouvais ramener dans ma chambre d’hôtel sans donner de nouvelles par la suite, parce que je savais qu’au fond, elles avaient eu ce qu’elle voulait, même si je n’étais pas expérimenté ou quoi que ce soit. Je continuai sur cette vague pendant un moment, jusqu’au jour où je frappai un mur. Contrairement à toutes ces conquêtes que j’avais pu avoir depuis la formation du groupe, une fille choisit de me recontacter, sans toutefois le faire sans raison valable. Dans cet échange, elle m’apprit, sans passer par quatre chemins, qu’elle était enceinte, et que j’étais le géniteur du bébé. Soudainement, ce fut la panique, et pour cause; à dix-huit ans, qu’étais-je supposé faire avec un bébé ? Pendant un moment, je me suis demandé, sachant que Savannah était aussi jeune que moi, si elle allait garder l’enfant, et lorsqu’elle me fit comprendre que c’était le cas, il me fallut prendre un recul, recul qui me fit venir à la conclusion que je n’avais pas envie de faire ce que mon père avait fait, soit prendre la fuite et faire comme si cette conversation n’était jamais survenue. Par contre, puisque je ne pouvais pas quitter le groupe, je décidai à ce moment d’apporter mon aide, à distance, en payant ses frais médicaux et la majorité de ce dont elle aurait besoin pour élever l’enfant, lui demander cependant en échange de me laisser le voir lorsque ce serait possible. Ce n’était pas grand-chose, mais ce fut suffisant, pour moi, pour être en paix avec moi-même à ce moment précis, sans savoir qu’éventuellement, je finirais par grandement en souffrir.

21 y.o. Le jour où j’ai vu ma fille, Haley, pour la première fois, j’ai compris que jamais je ne pourrais regretter la décision d’avoir voulu faire partie de sa vie, même si ma contribution était que trop peu minime à mon goût. Ce que je regrettai toutefois, et que je regrette toujours aujourd’hui, c’est d’avoir été trop faible pour tenir tête à qui que ce soit et laisser l’existence de ma fille devenir un moyen de me plier à des choses auxquelles je n’aurais jamais dû plier, quitte à ne jamais parler d’elle. En effet, dès que mon manager, qui a toujours eu la main baladeuse avec un peu tout le monde, a appris qu’elle venait avoir un impact sur ma vie et que visiblement, ceci affectait ma participation dans le groupe, il a décidé d’en profiter. Dans un premier temps, il me menaça de me sortir du groupe si jamais je ne me concentrais pas de nouveau sur celui-ci, ce que je n’ai pas pu refuser. Puis, ses menaces devinrent de plus en plus insistantes, et il finit par les faire taire qu’à condition que je le laissais profiter physiquement de moi. Au début, ce n’était rien de grave, de quoi ne pas me faire pendant une nuit, mais de quoi je pouvais me rétablir après un concert, ou bien une soirée particulièrement arrosée. Cependant, il ne fallut pas plus de deux ans pour que ses abus atteignent un point de non-retour, me marquant à vie, me faisant prisonnier d’une vie qui commençait de moins en moins à me plaire pour ces raisons et qui venait, surtout, briser cette image de cette vie de rêve qu’on vivait, me briser au plus profond de moi-même tout particulièrement. Le pire dans tout cela fut que pendant trois ans, je ne sus pas comment m’en sortir, jusqu’au moment où des conflits commencèrent à éclater dans le groupe. Je n’eus pas de divergence d’opinion avec qui que ce soit, mais je choisis de le quitter malgré tout, me disant que c’était probablement ma seule chance de me sortir de ce qui était devenu un enfer. Puis, encore une fois, je fus idiot. Je crus tout bêtement que mon meilleur ami, avec qui j’avais gardé les mêmes liens tout ce temps, voudrait m’entendre, me soutiendrait dans ma décision, mais il ne le fit pas, préférant rester avec cet homme, ce manager que je détestais de toutes les fibres de mon être à présent. Je ne sus faire autrement que considérer cela comme une trahison, et ce fut seul que je repris la route pour Washington, seul avec mes tracas et mes traumatismes qui m’avaient bouleversé à jamais.

Present Day Neuf ans que le groupe s’est dissous, neuf ans que je traine ce fardeau de ma précédente vie sur mes épaules, neuf ans que je suis une véritable loque. Suite à mon retour, je fus persuadé pendant un moment que je serais capable de mettre cela derrière moi, par le simple fait d’être avec ma mère pour la première fois depuis plusieurs années, par le simple fait de pouvoir m’occuper de ma fille un peu plus longuement que quelques heures quand j’étais disponible. Enfin, je ne disais pas que je la gardais pendant une semaine, mais au moins, je me sentais un peu plus présent, un peu plus responsable. Cependant, il ne fallut pas beaucoup de temps pour que ce passé me rattrape, que les cauchemars commencent à m’assaillir, si bien que la seule façon que je trouvai pour tenter de me sentir mieux, ce fut de refaire connaissance avec une vieille habitude, celle de boire, ou de me droguer pour oublier et passer des nuits sans rêves. Cette vieille connaissance, je la retrouvai plus que jamais, dans le sens que lentement, mais sûrement, ce ne fut pas seulement une façon de passer la nuit et être capable de faire quelque chose le lendemain, mais un moyen de survie. Cela devint plus clair lorsqu’alors que je n’avais que vingt-cinq ans, ma mère perdit la vie, perdant un long combat contre le cancer du sein alors qu’elle aurait dû aller mieux, comme tout le monde lui avait dit. Preuve nouvelle que la vie est une ironie ? Je ne saurais probablement mieux l’exprimer. Depuis ce temps, il est évident que je ne vis plus, je ne fais que traîner mes pieds dans la vie, me levant que pour aller au boulot, enchaînant ces boulots pourris indescriptibles que je n’ai jamais pu garder longtemps. Ce travail que j’ai actuellement, vendeur de souvenirs, je l’ai depuis six mois, et c’est probablement le plus long que j’ai pu garder un emploi ces dernières années. Parfois, l’envie ne me manque pas de le lâcher, de prendre une guitare, ou même une caisse de bois, m’asseoir dans ce même parc où je déambule chaque jour, et simplement retrouver cet enfant de huit ans qui, enfoui au fond de moi-même, meurt d’envie de chanter dans les rues pour le plaisir, sans même se soucier de se faire quelques dollars, cette fois-ci. Mais j’en suis au point où chaque fois que je songe à le faire, je me dis que cela ne mènera à rien, que cela ne me fera pas revivre pour autant. La seule personne qui est capable de me faire sentir un peu plus vivant, en ce moment, c’est Haley. Ces deux jours aux deux semaines que je passe avec elle, voilà pourquoi je vis à présent. Ces deux jours, je me fais une promesse d’être clean, d’être sobre, juste pour me rappeler de tout ce qui se passe avec elle, profiter de chaque moment. Puis, c’est un cercle vicieux; sitôt qu’elle retourne avec sa mère, elle me manque, et perdu, je recommence à jouer avec mes vieux démons, et je tue cet enfant de huit ans au fond de moi en même temps. Combien de temps cela va durer ? Je ne saurais pas le dire, parce que la notion du temps, je crois ne plus l’avoir depuis bien longtemps, et à ce point, je m’en moque, ou plutôt, je prétends m’en moquer, même si en réalité, je suis malheureux, je me sens mal. Sauf que ça, personne ne le sait, et personne ne semble intéressé à le savoir.


_________________

Elle était mon rêve. Elle a fait de moi ce que je suis, et la tenir dans mes bras était plus naturel pour moi que d'entendre battre mon coeur.  - Nicholas Sparks
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