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 LENNON ▬ I wanna hold your hand

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Lennon P. DaughertyGod bless America… and Me
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MY BOOK COVERArrivé à Washington le : 25/12/2016
Pages lues : 85
Crédits : (c) Shiya & Tumblr
Avatar : Eddie Redmayne
Pseudo : Mayiie
Âge : Trente-et-un ans
MY SOUL

MessageSujet: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Dim 25 Déc - 21:53

Lennon P. Daugherty
If you're reading this, I'm already home

Prénom : Lennon est un prénom dont mes parents sont très fiers. Premièrement, parce qu'ils sont des fans incontestés des Beatles et de plus, compte tenu qu'ils n'ont pas voulu savoir le sexe de leurs enfants avant leur naissance, moi y compris, il s'agissait là d'un nom parfait et ce, qu'importe si j'étais un garçon ou une fille. Quand la nouvelle est tombée que j'étais un garçon, ils s'en sont donnés à coeur joie et m'ont ajouté comme second prénom Paul. Après, dans ma famille, ce n'est pas vraiment sujet à complexe. Ma soeur a comme second prénom Yoko, alors je peux très bien vivre avec Paul, d'autant plus que je ne l'utilise jamais, parce que mon premier prénom, c'est suffisant. Nom de famille : Daugherty est le nom de famille de mon paternel, un nom qui ne m'a jamais complexé non plus, jusqu'à ce que j'entre en poste dans mon métier. Bien des gens jugeaient qu'il était trop long à prononcer, alors il a donné naissance à un surnom, "Dawg", que je n'affectionne pas vraiment, mais que j'ai enduré et que j'endure encore aujourd'hui, parce qu'il me donne l'impression d'appartenir à un groupe. Date & lieu de naissance : J'ai vu le jour le dix décembre mille neuf cent quatre-vingt-cinq à Baltimore, dans le Maryland, aux États-Unis, soit à un peu plus une heure de route de la capitale nationale. Âge : Ce mois-ci, j'ai célébré mon anniversaire marquant mes trente-et-un ans. Métier : Infirmier militaire. Pendant sept ans, j'ai été déployé à de nombreuses localisations, assigné aux camps de base pour soigner les blessés. Depuis trois mois, je suis de retour à Washington, où je travaille à la base aérienne Andrews Force Base, surtout pour m'assurer d'une bonne transition entre le front et la maison, ou l'inverse, avec les soldats. Orientation sexuelle : Hétérosexuel. Je l'affirme essentiellement parce que les hommes ne m'ont jamais attiré, alors j'y vais par déduction. Statut civil : Célibataire endurci est probablement le terme qui me convient le mieux. En effet, en raison du fait que je ne suis pas des plus ouverts et de mon métier qui m'a isolé du reste du monde bien souvent, je n'ai jamais eu l'occasion d'avoir une relation que je peux considérer comme sérieuse. Le plus longtemps que j'ai été avec une femme, c'était pendant mes permissions, qui ne duraient jamais plus de deux mois. Statut financier : Je n'ai pas le salaire le plus enviable qui soit, mais puisque je ne suis pas un grand dépensier de nature et que je n'ai pas eu l'occasion d'acheter grand-chose au fil du temps, je peux dire que je suis dans une situation confortable. Enfin, suffisamment pour payer les factures et vivre sans être hanté par l'idée de manquer d'argent. Caractère : Timide, indépendant, débrouillard, autonome, fidèle, dévoué, perfectionniste, nerveux, incompris, maladroit, attentionné, têtu, routinier, monotone, sensible. Parti politique : Je viens d'une famille conservatrice, alors je devrais dire que je suis républicain, et je l'étais jusqu'à 2012, où j'ai changé d'avis. Désormais, je me considère comme démocrate même si je n'en parle pas pendant les repas de famille. Groupe : Me, Myself and I. Avatar : Eddie Redmayne.
Combien de livres lis-tu par mois ? Quels sont tes préférés ?
J’adore dire que j’aime lire depuis que je suis né. Je sais que ce n’est pas possible, parce que j’avais environ six ans quand j’ai appris à lire, comme n’importe quel enfant, mais petit, c’était le jouet que je préférais. Apprendre à lire ces livres que j’aimais tant arriva donc dans ma vie comme une bénédiction et à partir de ce moment, je n’ai jamais cessé de lire. Plus encore, je crois que ce n’est pas exagéré de dire qu’adolescent, les livres étaient mes meilleurs amis, parce qu’ils étaient les seuls qui me permettaient de vraiment me changer les idées. En mission, et même encore aujourd’hui, je passe la majorité de mes temps libres et où je suis seul à prendre un bouquin et le lire. Pour moi, c’est une façon de m’échapper, de rester dans mon propre monde, m’imaginer de nouvelles choses. Les livres représentent également le principal item sur lequel je dépense de l’argent, probablement le seul plaisir que je me permets. J’adore posséder des livres, plus que les emprunter ou les louer à la bibliothèque. J’en possède une tonne, que je garde soigneusement rangés dans mon bureau, à la maison. Tout dépendant du temps que j’ai, je lis deux, trois romans par mois. Cela ne semble pas beaucoup, mais je suis incapable de lire plus d’un roman en même temps. Même si je n’aime pas le dit roman, je me force à me rendre au bout de celui-ci, parce que je sais qu’ensuite, je ne saurai pas me concentrer sur le suivant. Je suis capable de lire environ n’importe quel livre, mais j’ai une préférence pour les livres fantastiques, ceux qui permettent d’imaginer un tout autre monde, oublier complètement le monde actuel. J’ai beau être un adulte, je ne me détacherai jamais de mes exemplaire de Game of Thrones et Narnia, puisque ce sont mes romans préférés.

Pour toi, l'amitié c'est...
Quelque chose que j’ai pris tellement de temps à connaître que finalement, j’ai appris à me passer. Enfant, puis adolescent, j’ai toujours été considéré comme le vilain petit canard, celui qui était différent, qui ne pensait pas et qui n’agissait pas comme les autres. De ce fait, personne ne voulait jouer, ou même traîner avec moi. Dans un premier temps, je l’ai très mal pris, parce que c’est à cette période que j’ai compris que j’étais différent. J’en ai encore plus souffert quand j’ai vieilli, mais au bout du compte, ce fut une façon pour moi de devenir plus autonome et ne pas être obligé de compter sur qui que ce soit. Je ne dis pas que c’est la façon la plus épanouissante de vivre sa vie, mais au moins, ça m’a doté de facultés que j’estime encore être bien pratiques aujourd’hui. Après, je ne dis pas que je suis malheureux d’avoir quelques amis aujourd’hui, mais je ne suis pas celui qui va devenir dépendant de ces amitiés.  Je suis celui qui va apprécier les bons moments, et qui va s’éloigner dès qu’il y en a des plus mauvais ou du moins, quand je ne suis plus en mesure de les supporter. Cela fait en sorte que mes amis, pour moi, sont particulièrement précieux, mais je n’irai pas jusqu’à dire que je leur confierais tout, parce que cela me stresserait que quelqu’un sache tout par rapport à ma personne.

Quelle est la chose la plus folle qu'on a raconté sur toi ?
En particulier lorsque j’étais adolescent, j’ai été victime de plusieurs rumeurs et histoires qui ne faisaient pas de sens. Cependant, la pire d’entre elles est probablement celle selon laquelle je tenais un blog et que je prenais plaisir à raconter des saletés sur tous mes camarades de classe, alors que je les connaissais à peine et que je ne leur parlais jamais. Certains trouvaient cela amusant, mais personnellement, j’en ai beaucoup souffert. Cela n’a contribué en rien à mon bien-être au sein de l’école et plus encore, c’est cet incident qui m’a poussé à m’isoler de ma ville natale une fois que j’eus terminé le lycée. Je m’en suis remis par la suite, mais disons que pour le coup, cette histoire complètement fausse et ridicule m’avait profondément affecté. De plus, cela m'a conduit à garder profil bas, sans toutefois être complètement isolé du reste du monde, même si heureusement pour moi, rien ne m'est arrivé par la suite, et j'espère que cela reste ainsi.
Un. Je suis atteint du syndrome d’Asperger à un degré faible à moyen, c’est-à-dire pas suffisant pour être soumis à des mesures spéciales ou être déclaré inapte au travail, mais assez pour affecter mon quotidien. Depuis que je suis enfant, j’ai du mal avec les relations sociales. Jusqu’à l’âge adulte, j’ai eu des problèmes à me faire des amis. J’ai également encore du mal à m’exprimer, faisant en sorte que je suis maladroit dans mes propos et je n’essaie même pas d’être drôle, parce que je sais que ça ne marchera pas. Finalement, je ne peux pas me permettre d’être multi-tâche, il me faut me concentrer sur une chose à la fois. Auparavant, j’étais également stressé lorsqu’il y avait beaucoup de bruit autour de moi ou bien trop de gens, mais le fait d’être dans l’armée a calmé cet aspect de ma personne, même si je n’aime toujours pas être entouré de trop de gens ou quand il y a plus de bruit qu’à la normale autour de ma personne. Deux. Lors de mon retour de Washington, j’ai adopté un berger allemand, Nalà, qui était une chienne d’armée dont les troupes ont dû se départir puisqu’elle a été blessée. Puisque je me suis attaché à celle-ci, j’ai décidé de m’en occuper plutôt qu’elle soit envoyée dans un refuge ou quelque chose comme cela. C’est la meilleure décision que j’ai prise à mon avis, puisque non seulement, j’ai un animal de compagnie, mais un animal de compagnie qui ne nécessite pas d’être dressé, puisque Nalà l’est déjà, et plus que bien. Trois. Je fais entièrement confiance à deux personnes dans ma vie, ou dans un cas, je faisais. Le premier, c’était mon meilleur ami, Jackson. La seconde, c’est ma cousine, Carter. Je m’estime plus que chanceux que celle-ci soit encore présente dans ma vie, même si parfois, elle aime beaucoup - trop - me faire tourner en bourrique. Quatre. Je suis très difficile au niveau de la nourriture. Je n’aime pas un paquet de trucs et j’ai du mal quand ce sont les autres qui les préparent pour moi. J’ai dû m’habituer quand j’étais sur le terrain, mais maintenant que je le peux, je fais toujours mes propres goûters, ou bien je m’en remets à des gens qui connaissent mes goûts ou les restaurants qui ont réussi à me surprendre par le passé, positivement, bien évidemment. Cinq. À la suggestion de sa fiancée, j’ai conservé le dog tag de mon meilleur ami suite à son décès et depuis, je ne m’en sépare pas. Ainsi, j’ai l’impression qu’il est avec moi en tout temps et il me manque un peu moins. Six. Je contacte ma famille un minimum, c’est-à-dire aux fêtes et anniversaires, mais sans plus. Non pas que je ne les aime pas, mais je me sens rabaissé chaque fois que je leur parle, et puisque je vis bien avec mon mode de vie, je n’ai pas envie que ça change. Sept. Je vais déjeuner chez ma tante à tous les samedi midi. Enfin, sauf quand elle n’est pas disponible, mais cela n’arrive pas souvent. Si jamais ça arrive, je lui dis que ça ne me dérange pas, mais au fond, j’ai le sentiment qu’il me manque quelque chose dans ma semaine. Huit. Je ne supporte pas le soleil, surtout en raison de mon teint et ma composition dermatologique. Très souvent, je porte une casquette pour cacher mon visage et lorsque je peux transporter un sac à dos, il y a toujours une bouteille de lotion solaire dans celui-ci. Neuf. Je soigne toujours mon apparence. Je fais toujours attention à ne pas avoir les cheveux en bataille ou des vêtements de travers, même quand il s’agit de mon uniforme de travail. Lorsque je n’ai pas à porter ce dernier, je mets toujours au minimum un jean propre et un t-shirt de type polo. Les joggings et t-shirt, ça n’a jamais été mon truc. Dix. Enfant, j’avais un ami imaginaire et je l’ai gardé pendant longtemps. Parfois, quand je me sens seul et que je ressens le besoin de parler, je prétends que je lui parle, parce que je me dis qu’il est le seul qui m'écoute sans me juger et qui veut m'aider. Depuis trois mois, ce rôle est toutefois réservé à Nalà, qui a toujours le don de me faire sourire et qui reste calme quand je parle, même si je me doute bien que ce que je lui raconte ne lui dit pas grand-chose. Au moins, elle m’écoute sans se moquer de moi. Onze. Je ne m’explique pas pourquoi, mais j’adore manger du boeuf séché, aussi dit du « beef jerky ». Dès que je n’ai pas le temps de m’asseoir et manger mon repas en entier, j’attrape une tranche, bien souvent faite maison, et je la mange sans hésitation. Je ne me lasse pas de cet encas rempli de protéines quand il est fait avec les bons ingrédients. Douze. J’ai toujours la même routine le matin et la même routine le soir, qu’importe si je dois me rendre à la base militaire ou pas. Si jamais je dois la changer pour une raison ou pour une autre, je dois me préparer mentalement à le faire parce que sinon, cela me perturbe grandement. Treize. Lorsque je suis à la maison, je laisse toujours de la musique classique jouer en arrière-plan, qu’importe ce que je fais. Ça a pour effet de me calmer, surtout quand je veux me poser pour lire un livre. Quatorze. J’adore regarder « Les Simpsons ». C’est probablement l’émission de télévision qui me fait le plus rire. Par contre, je le regarde seulement quand je suis seul, parce que je n’aime pas ma façon de rire; il m’arrive trop souvent d’échapper un reniflement. Quinze. J’adore manger de la glace quand le temps le permet, mais seulement de la marque « Ben & Jerry’s » et aucune autre. Lorsque je m’octroie ce plaisir, je peux acheter un pot et le manger en entier en une soirée. Seize. J’ai beau utiliser des aiguilles sur des personnes à tous les jours, pour des prises de sang ou des injections, mais il n’en demeure pas moins que lorsque c’est mon tour d’en faire planter une dans le bras, je ne le supporte pas.
Prénom : Marilyne. Pseudo sur le net : Mayiie. Âge : Vingt-six ans. Pays : Canada. Comment as-tu découvert le forum ? De la même façon que Levi, Winnie et Baby (a). Quelles sont tes premières impressions ? Je l'aime d'amour ce forum . Crédits : Shiya & Tumblr. Un petit mot pour la fin ? Je vous aime fort pink.

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<pris>EDDIE REDMAYNE</pris> ► Lennon P. Daugherty
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Dim 25 Déc - 21:54

You want to make a memory
Two can't keep a secret if one of them is dead

Chapter I : Everybody's Got Something to Hide Except Me and My Monkey
« Bonne journée Lennon, à demain matin. » Je me retournai, le regardai, mais je ne réagis pas. Le contact visuel se fit pendant deux secondes, puis je tournai la tête de nouveau pour me concentrer sur le fait de ne pas chuter dans les grandes marches de l’autobus, arriver au sol sur mes deux pieds, puis rejoindre la chaussée afin que le chauffeur puisse refermer les portes de l’autobus et repartir, un air un peu triste au visage. Il n’était pas triste parce que je ne lui avais pas dit bonjour ou parce que je ne lui vais pas souri. Il était triste parce qu’il craignait que moi, je sois triste, et il ne pouvait pas le deviner. Il savait juste que je n’étais pas malpoli, contrairement à ce que les gens à l’école avaient pu penser dans un premier temps quand on leur avait dit que je ne disais pas bonjour au chauffeur que je voyais pourtant à chaque jour d’école. Je ne saurais pas dire pourquoi je n’arrivais pas à le saluer, tout le monde était capable de le faire, mais je ne le faisais pas et c’était normal. Je ne m’en complexai donc pas, continuant de marcher jusqu’à la maison. Une fois arrivé devant la porte, je tournai la poignée, y trouvant ma mère, qui venait fort probablement de rentrer du travail. Comme à mon habitude, je lui servis un banal: « ‘jour. », surtout pour signifier que j’étais là, afin qu’elle ne sursaute pas, parce que moi, je savais que si quelqu’un ne s’annonçait pas, ça me stressait, donc je préférais ne pas le faire subir aux autres. Je n’éternisai pas la conversation pour autant, me contentant de monter dans ma chambre, la dernière porte à droite en arrivant à l’étage supérieur. Quand j’y fus arrivé, je fermai la porte délicatement, afin qu’elle ne claque pas, déposai mon sac sur mon lit, le temps que je puisse retirer ma veste, la mettre sur un cintre, la ranger dans mon placard et finalement, ouvrir mon sac pour y prendre mon cahier d’anglais, une feuille de papier et mon étui à crayons. Je déposai le tout minutieusement sur mon bureau, plaçant mon cahier devant moi avec mon étui, puis je sortis un crayon de plus, le posant avec la feuille de plus. Je m’installai sur ma petite chaise de bois, regardai devant moi, et je demandai: « Quand tu auras terminé, tu voudras bien m’aider avec mes leçons ? » Quelques secondes plus tard, j’eus un petit sourire, et je dis, tout en baissant la tête pour trouver la page où se trouvait mon devoir: « Toi tu es gentil, Clark, tu es toujours là pour m’aider. » Je trouvai finalement la page, appuyai sur mon cahier pour le tenir à plat sur la table, puis je regardai la première question. Puisque nous avions vu cela plus tôt en classe, je n’eus aucun mal à écrire le premier et seul mot composant cette fameuse réponse, puis je relevai la tête pour ajouter: « Ce matin, il n’y a personne qui a voulu m’aider pour mes mathématiques. J’ai pas réussi à faire les additions et je suis resté dans la classe ce midi. » Me remémorant ce moment, je soupirai doucement, mais je ne m’en plaignis pas plus que cela. Évidemment, cela m’avait blessé de voir que personne ne voulait me donner un coup de main alors que plusieurs élèves venaient en aide aux autres, mais après, rester en classe pour les terminer avait fait en sorte que je n’avais pas eu besoin de sortir dehors pendant la pause. Comme ça, je n’avais pas vu les élèves plus vieux qui m’avaient poussé de mon banc, ce banc où je passais toutes les récréations, parce que je ne pensais pas avoir autre part où aller. Au final, ce fut donc un mal pour un bien, mais il me laissa suffisamment perplexe pour que je doive prendre quelques secondes avant de me concentrer de nouveau sur mes devoirs, ce qui ne dura pas longtemps, puisque ne voulant pas laisser Clark sans rien à dire, je n’attendis pas bien longtemps pour lui demander: « Et toi, comment s’est passé ta journée ? » Puis, attentivement, je l’écoutai me raconter sa journée, cet ami grand, aux cheveux bruns qui avait toujours le sourire aux lèvres, toujours prêt à m’aider, qui ne me laisserait jamais tomber. Clark, je l’avais appelé comme ça parce qu’il était mon superhéros, il était mon Superman, juste à moi. Clark, j’étais fier de l’avoir comme ami, mais je n’en parlais pas, je ne l’invitais pas à table pour manger. À la place, je lui apportais un peu de mon dessert à chaque soir, et il était content avec ça. En plus, il était drôle, bien rapidement, il me raconta une anecdote qui m’arracha un rire, mais qui fut rapidement et brusquement interrompu par un « Qu’est-ce qui te fait rire comme ça ? » Je faillis chuter de ma chaise en entendant cette voix qui n’était pas la bienvenue, puis je me retournai en panique, voyant ma soeur, Zara, dans l’embrasure de la porte, un sourire moqueur aux lèvres. Du haut de ses douze ans, alors que de mon côté, j’en avais huit, elle aimait bien jouer la personne qui en savait plus que tout le monde et qui, clairement, se moquait bien des autres, parce qu’elle savait très bien que je n’aimais pas qu’on me surprenne ainsi, je n’aimais pas qu’on rentre dans ma chambre sans me prévenir au préalable. Maman lui avait dit, plein de fois, mais ne la punissait jamais, alors elle continuait, me prenant au dépourvu et paniqué, si bien qu’inventer quelque chose ne fut pas possible pour moi dans cet instant de nervosité, alors je balbutiai: « Je parlais avec Clark… » Zara eut une grimace qui me vexa, et ce fut avec presque dégoût qu’elle dit: « Qui ?! », me laissant encore plus paniqué. D’une main tremblante, je pointai droit devant moi, et je dis: « Mon ami, qui est juste là… » Évidemment, elle ne le vit pas, parce que personne ne le voyait sauf moi, parce qu’il était mon ami à moi, il était là pour moi et personne d’autre. Rapidement, quand elle comprit ce qui se passait, Zara se mit à rire, un grand rire comme celui qu’elle lâchait quand elle riait avec une amie au téléphone, mais là, elle ne riait pas avec moi, elle riait de moi. Elle me le confirma lorsqu’elle me dit, sans scrupule: « Ce que tu peux être stupide ! » Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, elle partit en courant, hurlant presque dans l’escalier: « Maman ! Lennon a un ami imaginaire ! » Je ne compris pas vraiment pourquoi elle disait cela, comme si c’était une maladie. Est-ce que c’était mal, d’avoir un ami auquel on tenait ? Ne voyant pas pourquoi je me ferais punir pour cela, je tentai d’oublier cet incident, et je tournai la tête vers l'endroit où Clark aurait dû être assis, mais il n’était pas là. D’une petite voix, je lui demandai, timidement: « Clark ? Tu es passé où ? » Il ne réapparut pas, et je ne le trouvai pas sous mon bureau. Était-il parti par la fenêtre parce que Zara lui avait fait peur ? « Ne te cache pas, s’il te plait… » furent les mots qui me le confirma, parce que le connaissant, il n’avait peur de rien normalement, il serait sorti. Mais là, Zara avait été si méchante qu’elle l'avait fait fuir, il n’avait pas pu me protéger parce que justement, elle avait été trop méchante, parce qu’elle ne comprenait pas ne voulait pas comprendre. Seul et perdu, j’eus sitôt les larmes aux yeux, si bien qu’il fut hors de question que je continue mes devoirs. J’allai donc m'asseoir sur mon lit, et recroquevillé sur moi-même, je me mis à pleurer, en silence, pour ne pas alarmer maman. Parce qu’elle aussi pourrait me dire que c'était stupide, et ce serait encore plus blessant. Je ne voulais pas que ce soit blessant, pas plus que ce ne l’était en ce moment. Parce que si je pouvais supporter que les gens à l’école ne me parlent pas, lorsque ça venait de ma propre famille, c’était difficile, beaucoup trop difficile. Et je ne voulais pas que maman s’inquiète encore plus, alors je restai là, les larmes aux yeux, tremblant, espérant qu’à un moment ou un autre, cela allait passer, parce que sinon, je n’étais pas certain que j’aurais le courage de descendre pour le repas, et si je ne le faisais pas, je ne pourrais pas rapporter du pudding à Clark et là, il était sûr et certain qu’il ne reviendrait pas. Je ne voulais pas qu’il soit parti pour toujours, il était la seule personne qui me comprenait vraiment…

Chapter II : The Long and Winding Road
Le bal de promotion était supposément la soirée la plus importante de toutes les années lycée. C’était la fin d’une époque, le début d’une nouvelle vie, la dernière fois où tous et chacun allions nous voir, réunis sous le titre de lycéens avant de finalement nous séparer dans l’espoir de se revoir un jour, même si ces retrouvailles ne se feraient jamais dans les mêmes circonstances. Puisque c’était un moment soi-disant plus que marquant, j’avais tenté tant bien que mal de me réjouir par rapport à ce fameux jour, profiter de l’expérience, histoire de ne pas regretter de ne pas l’avoir fait parce que justement, cela ne se reproduirait jamais. Je m’étais donc acheté un habit pour l’occasion. Celui-ci était très sobre, je savais que je serais en mesure de le porter à quelques reprises dans les prochaines années - puisque j’avais finalement eu ma poussée de croissance l’année dernière - mais quand même, je l’avais acheté pour l’occasion, et je n’avais pas cherché à le porter avant le fameux soir qu’était ce soir. Plus encore, j’avais même tenté d’inviter une fille au bal pour ne pas être seul, mais ça, ce fut une autre histoire. Pourtant, je pensais avoir fait attention pour ne pas m’humilier de quelconque façon. Trop souvent, on s’était moqué de moi pendant ces trois années de lycée, alors je n’avais pas demandé à qui que ce soit avant quelques jours précédant le bal. J’avais demandé à cette fille, Leslie, qui, je le savais, n’avait pas de cavalier et qui était probablement la seule personne qui s’était montrée le moindrement aimable avec moi pendant mon cheminement scolaire. Ce qu’elle avait fait ? Rien de plus que d’accepter de travailler avec moi quand il nous fallait nous placer en binômes. Elle était la seule qui avait accepté, la seule qui avait voulu me supporter, parce que compte tenu de la tournure qu’avait pris mon passage au lycée, supporter était le mot le plus approprié que j’avais trouvé pour décrire cette situation. Je pensais avoir fait ma demande correctement, maladroitement comme à mon habitude, mais je ne m’étais pas montré dans mes mots ou quoi que ce soit du genre. Et pourtant, elle avait refusé, non pas parce qu’on avait refusé, mais parce que, c’est ce que j’avais compris, elle préférait y aller seule plutôt que d’y être vue avec moi. Bien sûr, je l’avais mal pris, d’où le fait que maintenant, debout dans ma chambre, terminant de me préparer, je n’étais pas persuadé d’être vraiment excité à l’idée de me rendre à cette soirée. Tristement, je n’étais plus nerveux qu’on se moque de moi, parce que c’était arrivé si souvent que j’avais appris à l’ignorer, ou du moins, ne pas montrer que cela m’affectait, mais je ne voyais même plus l’intérêt à m’y rendre si tout ce que je faisais, c’était m’asseoir, quand j’aurais trouvé un endroit où je ne dérangerais personne, et attendre que le temps passe. Mais encore une fois, ça, je ne l’avais pas dit, il était trop tard, de toute façon. Non seulement, j’étais en train de me préparer, mais de plus, je me retrouvai, en quelques sortes, acculé au pied du mur, lorsque ma mère toqua gentiment à la porte et demanda: « Lennon, je peux entrer ? » La voyant par le miroir devant lequel je me tenais, je relevai le regard pour la regarder, hochant positivement la tête pour lui donner la permission de venir à ma rencontre. Tandis qu’elle faisait les quelques pas nous séparant, je l’entendis me dire: « Tu es beau… », ce à quoi je répondis avec un sourire nerveux et timide. Premièrement, je n’étais pas tout à fait prêt et de plus, j’avais cette impression désagréable qu’elle disait cela que par politesse. Lorsque Zara était sortie de sa chambre avec sa robe de bal, ma mère avait les larmes aux yeux. Même lorsque Sophie avait eu sa première danse, elle était surexcitée de la voir sortir. Par conséquent, un « tu es beau », j’étais persuadé que ça ne voulait pas dire grand-chose. Mais encore une fois, cela ne m’étonnait pas. J’étais si blasé que je tentais de ne pas m’en faire. De toute façon, à quoi bon ? Ça ne ferait qu’empirer les choses. Par exemple, au moment où ma mère me dit « Ce n’est pas bien compliqué pourtant, encore plus simple qu’une cravate… » en parlant de ce noeud papillon que je n’arrivais pas à nouer convenablement, si j’avais réagi, pour sûr tout cela se serait terminé en dispute, et j’avais déjà suffisamment de pression sur les épaules par rapport au fait de me présenter au bal, marcher seul, rester seul, que je n’avais pas envie de me concentrer sur cela. Sans tenir mot, m’encourageant en me disant qu’en septembre, je partirais à neuf, je n’aurais pas à supporter cela plus longtemps, je la laissai terminer de le nouer et une fois que ce fut fait, j’enfilai mon veston, ce qui compléta l’ensemble et par la même occasion, ma préparation pour le bal. M’assurant que le collet était bien ajusté, je me tournai vers ma mère qui me dit: « Bon, tu es prêt, je crois. », ce à quoi je répondis par un hochement de tête avant de l’accompagner au rez-de-chaussée, m’assurant par la même occasion que j’avais bel et bien mon porte-feuille, mon portable et mes clés de voiture, ce dernier élément étant le plus important pour moi. Pourquoi ? Pour être capable de répondre à la question: « Tu es sûr que tu ne veux pas qu’on aille te déposer ? » par un signe de tête négatif que je servis à ma mère sans hésitation aucune. Depuis que j’avais décidé de me rendre à cette soirée, j’avais décidé que j’allais m’y rendre moi-même, avec cette vieille voiture que j’avais acheté avec l’argent que j’avais gagné l’été dernier. Cette voiture, c’était ma fierté, puisqu’elle représentait tout un accomplissement, celui d’avoir mon permis, ce qui avait été pas mal plus ardu, compte tenu du fait que conduire me rendait nerveux dans un premier temps. Et puis, si jamais ce bal devenait insupportable, je me refusais d’être obligé d’attendre que quelqu’un vienne me chercher, d’autant plus que connaissant mon père, il serait du genre à me demander de rester plus longtemps, comme pour me convaincre de m’amuser, sans comprendre le fouillis qui se déroulait dans mon esprit. Et justement, pour que personne ne change d’avis à cette idée, je fus prêt à prendre la porte, mais on m’arrêta au dernier moment avec un peu convaincu: « Oh attends, on va prendre une photo. » À ce propos, je grimaçai, parce que je détestais être pris en photo, bien souvent parce que je ne savais pas trop comment me tenir. Cette fois-ci, je me tins maladroitement devant la porte, m’efforçant d’adopter une attitude neutre, comme si j’étais fier de me rendre là, même si au fond, ce n’était pas le cas. Heureusement, mon père ne s’attarda pas sur les photos, en prenant peut-être deux, les deux seules photographies qui allaient immortaliser ce moment et cette soirée et si jamais elles n’étaient pas bonnes, ce serait tant pis. Ne ressentant aucune tristesse à cette idée, je ne me fis pas prier pour partir et sitôt, je dis: « Bon… Bonne soirée. » avant de tourner la poignée de la porte, me rendant à ma voiture et m’y engouffrant en direction du lycée.

Il ne fallut quelques minutes pour que j’arrive devant le parking de l’école, quelques minutes qui furent pourtant suffisantes pour que je me demande ce que j’étais sur le point de faire et que finalement, tandis que je ralentissais pour pénétrer dans le parking pour trouver une place, je commence à paniquer. Pourquoi je me soumettais à cet exercice ? Pourquoi est-ce que j’acceptais de prendre pour acquis que j’allais passer une bonne soirée, que celle-ci allait rester gravée dans ma mémoire comme une des meilleures de ma vie de jeune adulte alors que tout ce à quoi je pouvais penser à cette idée, c’est qu’une bonne fois pour toutes, je serais débarrassé de ces gens qui ne m’appréciaient pas, qui avaient pris pour acquis que j’étais différent et qu’ils n’avaient pas fait d’effort pour essayer de me comprendre ? Et à quoi bon célébrer cela avec eux, dans le cadre de cette soirée pour que les filles puissent passer pour de jolies princesses, qu’un roi et une reine soient couronnés alors que nous savions tous qui ce serait ? Qu’est-ce que cela avait de spécial ? Toutes ces questions se mirent à tourner dans ma tête et tant bien que mal, je tentai de les faire taire en me disant que j’étais arrivé, et que si je n’entrais pas, jamais je ne saurais à quoi m’en tenir. Lentement, je tentai alors de chercher une place pour me garer, devant m’arrêter à quelques reprises pour regarder certaines personnes commencer à se diriger vers l’entrée, bras dessus, bras dessous, heureux, qui comprenaient vraiment la signification de cette soirée, comparativement à moi. Lorsque j’arrivai finalement au bout de l’allée, je fis demi-tour, non pas pour regarder pour une place libre dans la seconde allée, mais plutôt reprendre la route vers la sortie du parking, reprendre la route pour m’éloigner du lycée autant que possible, sans rentrer chez moi toutefois, ne sachant pas où aller. Le souffle saccadé, les mains serrées sur le volant pour ne pas sentir mes tremblements, j’accélérai dès que la voie fut libre, prenant la fuite de ce bal de promotion, prenant la fuite de ma vie de lycée. Alors que j’appuyais sur l’accélérateur comme jamais je ne l’avais fait précédemment, je prenais la décision finale et assurée que je n’irais pas à ce bal. Ce n’était pas fait pour moi, ce n’était pas organisé pour moi, et ce serait mieux pour tout le monde que je n’y aille pas. C’était mieux pour ma personne, c’était mieux pour Leslie, c’était mieux pour n’importe quelle personne qui n’appréciait pas ma présence pour des raisons que je ne m’expliquais pas encore aujourd’hui. Mais je n’avais plus besoin de me les expliquer, parce que je ne reverrais plus ces gens, parce que je ne voulais plus les revoir. Inspirant profondément, je continuai à rouler, jusqu’à ce que l’adrénaline soit trop forte et que je sois obligé d’arrêter. Seul dans mon véhicule, je me mis à hurler, comme jamais je ne l’avais fait précédemment, pour tenter de faire sortir le stress, pour ne pas ressentir de tristesse, parce que je ne me devais pas en ressentir. Je ne voulais pas avoir honte non plus de ce que j’avais fait. Ce que je regrettais surtout dans tout cela, c’était le fait d’avoir pensé que j’aurais pu m’y rendre, comme n’importe quel autre élève normal. Je n’avais rien de normal, c’était évident depuis toujours, depuis que j’étais enfant. Et pour une soirée, cela n’allait pas changer, c’était sûr et certain. Le plus triste dans tout cela, c’était que je ne pouvais même pas rentrer chez moi et dire fièrement que j’avais pris une décision et que je l’assumais. Je savais que mes parents le prendraient mal, qu’ils me feraient un sermon qui me ferait sentir tout sauf bien dans ma décision, même si je continuerais à croire dur comme fer que c’était la meilleure me concernant. Me cachant de ma famille, me cachant de tout le monde, je compris toutefois que je ne voulais pas rester seul dans ma voiture, au milieu de nulle part. Où pourrais-je aller ? La seule solution que je trouvai, ce fut de garer mon véhicule là où j’étais - après m’être assuré que j’avais le droit - retirer mon veston et ce stupide noeud papillon, puis traverser la rue pour me rendre au Dairy Queen qui se trouvait là, juste en face. Leur glace avait beau ne pas être la meilleure, mais au moins, à cet endroit, peut-être que j’y trouverais un peu de réconfort et de courage pour affronter ce dernier été avant de finalement entamer une nouvelle vie.

Chapter III : Free as a bird
 « Tu es sûr que tu ne veux pas un autre sandwich ? La route sera longue… »  « J’en ai déjà deux, ça va aller, je te le promets, ma tante. » Pour le coup, je ne voyais pas vraiment l’intérêt d’en avoir trop que pas assez, compte tenu que déjà, je n’étais pas totalement convaincu que j’allais les manger, qu’importe si le vol était long ou pas. Non pas parce que je n’aimais pas les sandwichs de ma tante, au contraire, elle était une des rares personnes qui pouvait cuisiner environ quoi que ce soit et que j’étais en mesure de manger sans m’en dégoûter. Ses sandwichs, je m’en délectais, ils étaient bien meilleurs que ceux des meilleures sandwicheries. En fait, ce qui faisait en sorte que je n’étais pas convaincu d’avoir tant d’appétit, c’était surtout le fait que je ne savais pas ce qui allait se passer à l’aéroport, puis dans l’avion. L’imprévu me rendant inconfortable depuis toujours, j’étais bien évidemment nerveux, mais à ce stade, j’avais l’impression que ce n’était pas quelque chose de mauvais. En effet, ce n’était pas un stress handicapant qui m’empêcherait de quitter cette maison, ou bien faire demi-tour pour rentrer à la demeure de ma tante et ne pas y repartir. C’était un stress lié à l’inconnu, cet inconnu que, cette fois-ci, j’avais hâte de découvrir, parce qu’aujourd’hui, c’était l’accomplissement de ce pour quoi j’avais travaillé ces quatre dernières années. Aujourd’hui, c’était le jour qui marquait ma première mission en tant qu’infirmier militaire à l’étranger. Une mission de trois mois, au Moyen-Orient. Voilà tout ce que je savais par rapport à cette fameuse mission. Pour le reste, il me faudrait m’adapter une fois arrivé à cet endroit, mais compte tenu de ma préparation, j’avais plus confiance que jamais que je pourrais y arriver, ou du moins, que j’allais tout faire pour y parvenir. Mais si j’étais peu certain de bien des choses, il y a quelque chose que je ne pouvais nier un seul instant, et c’était le fait que pour une fois, je ne voulais pas reculer de quelconque façon. Par conséquent, quand ma tante en vint à me demander:  « Bon alors, tu es prêt ? », ce fut sans hésitation aucune, avec un regard et un sourire rempli de fierté que je lui répondis:  « Oui, je suis prêt. » Puis, je regardai ma tante me considérer d’un air heureux, et ce fut avec le plus grand des bonheurs que j’accueillis son:  « Tu es tout beau. » après qu’elle eut considérer mon uniforme que j’avais soigneusement enfilé avant de partir. Il me rendit heureux parce que je savais que le sien, il était sincère. Je savais que ce n’était pas le « tu es beau » que ma mère m’avait servi le jour de mon bal de promotion, celui où je n’étais jamais allé. Il venait de quelqu’un qui le pensait vraiment, quelqu’un qui s’intéressait vraiment à mes progrès et qui, malgré les inconforts dans les premiers jours où j’étais là, avait su me comprendre et m’aider aussi bien que possible. Et pour ça, je lui en serais toujours reconnaissant, c’était sûr et certain. Enfin, je ne savais pas encore comment j’allais lui montrer précisément, mais je tentais de le faire déjà un peu, au quotidien. Comme là, je crus bon de lui répondre:  « Merci. » sans être capable d’effacer ce sourire qui devait certainement me faire paraître un peu plus idiot que d’habitude, parce qu’au fond, en plus d’être ravi, j’étais rempli de fierté. Fier d’avoir cet uniforme, fier de faire partie du personnel infirmier de ma mission, de servir mon pays à ma façon, d’appartenir à un groupe qui avait su bien m’accueillir pour le moment, parce que là, parmi eux, je me sentais bien. J’étais là pour aider les militaires, comme tout le monde, et personne ne me jugeait autrement. Décidément, pendant ces quatre années de formation, j’avais réellement trouvé ma place et bien que je ne niais pas que j’avais rencontré quelques difficultés, compte tenu de ma condition, mais au bout du compte, j’avais sur les surmonter, comme j’allais surmonter celles que je rencontrerais une fois là-bas, je n’en doutais pas plus qu’il le fallait. J’avais envie d’avoir confiance en ma personne, j’avais envie de croire que je pouvais faire quelque chose correctement, m’intégrer, avoir une vie d’adulte normale. Là, c’était plutôt bien parti, et je voulais que cela continue, même si évidemment, je savais que je ne pourrais pas tout changer.  « Oh ! J’oubliais ! » fut quelques mots qui vinrent prouver qu’effectivement, j’avais encore du travail à faire, puisque ceux-ci avaient eu pour effet de sitôt me sortir de ma rêverie en sursautant. Heureusement, j’avais rapidement compris que cette exclamation venait de ma tante, donc je ne fis pas une crise ou quoi que ce soit du genre, me contentant de me calmer aussi efficacement que possible et par la suite, lui offrir une expression convenable tandis qu’elle s’approchait avec une petite boîte surmontée d’une enveloppe. Elle me tendit le tout en me précisant:  « Carter était déçue de ne pas venir, alors elle m’a demandé de te remettre ça en te précisant que tu n’avais pas le droit de l’ouvrir tant que tu ne serais pas dans l’avion. » Pourquoi pas avant ? Pourquoi pas maintenant, ou dans la voiture, ou à l’aéroport, dans le terminal ? Je ne savais pas trop, cela faisait partie des mystères que ma cousine aimait bien laisser planer une fois de temps en temps, surtout pour me faire tourner en bourrique. Espérant seulement que ce ne serait pas un truc qui allait m’exposer en pleine figure, je décidai quand même de respecter son souhait, parce que Carter, je la respectais, je l’adorais, et je me disais que c’était la moindre des choses, puis je glissai le paquet dans mon sac que je balançai ensuite sur mon épaule. Parce que mine de rien, l’heure tournait, et je me refusais d’être en retard pour mon premier départ.

Le trajet à l’aéroport ne fut pas des plus longs. Enfin, à la base, il ne l’était pas vraiment entre la demeure où j’habitais depuis mes dix-huit ans, mais dans une ville bondée comme Washington, une simple crevaison pouvait engendrer des retards d’une heure tant il y avait du monde qui utilisait le même autoroute à chaque jour, matin et soir. Conscient de cette réalité à laquelle il avait fallu que je m’adapte il y a quatre ans de cela, j’avais demandé à partir beaucoup plus tôt qu’à l’heure à laquelle nous serions partis si jamais j’avais pris pour acquis que la circulation serait fluide, faisant en sorte que nous arrivâmes d’avance. Cela ne me gêna pas, pour être franc, je préférais de loin arriver plus tôt que de me voir obligé de courir dans le terminal après avoir à peine eu le temps de dire aurevoir à la personne qui avait eu la bonté de venir me déposer jusque là. Dans le cas présent, ce fut donc relativement détendu que je m’extirpai du véhicule au moment venu, attrapant mon sac, puis mon bagage. Cela laissa tout juste le temps à ma tante de sortir de la voiture à son tour, s’approcher de ma personne, puis me demander, laissant transparaitre pour la première fois une inquiétude dans sa voix:  « Tu vas m’écrire n’est-ce pas ? Et m’appeler si tu le peux ? » Cependant, je ne m’en sentis pas inconfortable, sachant que ce moment allait arriver, d’autant plus qu’au fond, j’étais touché qu’elle ne me laisse pas partir comme si de rien n’était, comme si j’allais prendre l’avion pour un truc sans importance. Pour moi, c’était signe qu’elle s’était attachée à moi, comme moi je m’étais attaché à elle, et cela faisait du bien, parce que maintenant, avec Carter, j’avais deux personnes vers qui j’aurais envie de revenir au moment de mes permissions. Par conséquent, ce fut sans hésitation que je hochai la tête positivement, ce qui mena à quelque chose que j’appréciai encore plus, soit le fait qu’elle me demanda par la suite:  « Je peux avoir un dernier câlin ? » Elle aurait très bien pu se précipiter dans mes bras sans crier gare, ce qui aurait tôt fait de me mettre mal à l’aise, mais elle ne le fit pas, et c’était tant mieux. Sachant que je ne pouvais pas lui refuser cela, je m’approchai pour la prendre dans mes bras chaleureuse, ou du moins, aussi chaleureusement que je le pouvais, parce que n’ayant jamais été des plus doués pour les contacts humains, j’apprenais tout juste ce qui était approprié et ce qui l’était moins, selon les circonstances. Cependant, dans le cas présent, je crus que ce ne fut pas de trop de me permettre d’embrasser ma tante sur la joue avant de me décaler, replacer mon sac sur mon épaule, reprendre mon bagage dans ma main, et lui dire avec un petit sourire timide - parce que je ne pouvais pas tout faire à la perfection quand même -  « On se revoit dans trois mois. » Aux premiers abords, mon propos pouvait peut-être sembler un peu distant, mais il ne l’était pas, parce que maintes fois, je lui avais dit qu’elle allait me manquer, et je ne voulais pas rendre la séparation plus difficile, tant pour elle que pour moi. C’est pourquoi je fus rassuré de la voir se rendre jusqu’à la voiture pour partir, même s’il me fallut inspirer profondément pour me donner le courage d’entrer dans l’aéroport, passer au travers de tous les processus possibles et imaginables pour finalement arriver à la porte d’embarquement. Patiemment, j’attendis mon tour, étant obligé de me retenir à quelques reprises d’ouvrir la boîte venant de Carter. Elle avait dit dans l’avion, pas dans l’aéroport et pour moi, ce n’était pas la même chose. Je fis preuve de patience pendant un moment, mais sitôt que je fus dans l’avion, que ce dernier eut décollé et que nous eûmes finalement l’autorisation de nous mouvoir, sortir des items de nos sacs et tout ce qui venait avec, ce fut la première chose que je fis. Dans un premier temps, comme la coutume se le devait à mon avis, j’ouvris la lettre, cette lettre à la fois drôle, touchante et adorable, qui eut pour effet de me mettre le sourire aux lèvres. Puisque celle-ci ne laissait pas sous-entendre quelconque mauvaise blague, ce fut avec un peu moins de réticence que je pris le paquet pour l’ouvrir. Sitôt que je vis son contenu, je compris tout de suite que mes craintes étaient infondées et ridicules. En effet, j’en sortis une petite bande dessinée, avec un style que je reconnus comme étant celui de ma cousine. Sans trop faire attention au fait que j’étais entouré de plusieurs personnes, je ris doucement, plus qu’heureux de ce cadeau. Bien des fois, j’avais pris un grand plaisir à être le premier critique des oeuvres de Carter, et clairement, elle l’avait bien remarqué. Une chose était certaine, c’était que ce cadeau, j’allais en prendre grandement soin et que là, tout de suite, je savais très bien comment j’allais occuper une partie de mon trajet, parce que maintenant, rien ni personne ne saurait détourner mon regard de cette petite histoire qui, j’en étais déjà persuadé, allait grandement me plaire.

Chapter IV : Hello, Goodbye
La toile qui servait de porte d’entrée du bâtiment s’ouvrit en trombe, dans un claquement similaire à celui que faisait le vent quand il venait caresser la même toile, ce même claquement que j’avais entendu si souvent que maintenant, il ne me faisait plus sursauter. Au contraire, depuis un bon moment maintenant, j’avais associé ce bruit au fait que quelqu’un entrait, et tout dépendant du niveau de bruit que provoquait le claquement, il m’était à présent possible, la plupart du temps, d’estimer la gravité de ce qui se tramait à l’entrée. Dans le cas présent, ma première impression fut qu’il y avait quelque chose, que ce n’était pas seulement un infirmier ou un militaire en bonne condition qui entrait à tout hasard, mais rien d’urgent ou du moins, pas un cas de vie ou de mort. Malgré tout, parce que c’était mon boulot, et parce que je ne me voyais clairement pas faire de discrimination envers un blessé ou un autre, je me dirigeai vers la dite entrée, puisque je venais de terminer l’examen de routine d’un de mes patients, puis une fois que je fus suffisamment proche pour ne pas être obligé de hurler, je demandai:  « Que se passe-t-il ? » En vérité, ma question était plus rhétorique qu’autre chose, parce que les gens qui s’occupaient de cette nouvelle personne ne pouvaient pas me répondre alors qu’ils étaient encore en train de l’emmener, mais au moins, cela signifiait qu’il y avait quelqu’un prêt à intervenir, en l’occurence ma personne. Et puis, cela me donna le temps de faire moi-même mon bref examen de ce que je pouvais voir, me rendant compte que la personne entourée, celle qui était blessée donc, ne me disait absolument rien, n’était pas équipée d’un uniforme militaire à proprement parler, seulement de quoi la protéger, parce que chaque personne qui venait visiter le camp se devait de porter cet équipement, qu’importe son statut ou sa connaissance des services militaires. Légèrement intrigué, je ne dis rien dans un premier temps, attendant donc qu’on m’explique:  « Une maladresse. Mademoiselle Lewis a trébuché et chuté. » me rappelant qu’à ce moment qu’effectivement, nous avions une invitée aujourd’hui, une chanteuse que je ne connaissais pas trop, qui venait rendre hommage aux troupes, saluer leur service, ou juste faire un coup de publicité. Clairement, je ne m’y connaissais pas suffisamment pour mettre le doigt sur ses véritables intentions, et en mon sens, ce n’était pas à moi d’en juger, d’autant plus que je n’avais pas pu assister à quelconque cérémonie, trop occupé à me charger des patients qui devaient encore rester au lit pendant un petit moment avant de pouvoir retourner sur le terrain, ou être transférés à leur lieu de permission, tout dépendant des cas. Je fis donc exactement ce que je me devais de faire dans le cas présent, soit acquiescer, puis pointer un lit disponible en ajoutant:  « Vous pouvez la déposer ici. », me rendant compte qu’après-coup que le mot « déposer » n’était peut-être pas des plus appropriés, puisque la jeune chanteuse était consciente, se tenait sur ses deux pieds et était capable de marcher. Évidemment, j’avais bien compris qu’elle ne pétait pas la forme non plus, qu’elle semblait sonnée et quelque peu amochée, mais c’était déjà une condition plus rassurante que lorsqu’un militaire arrivait inconscient, incapable de respirer et autres soucis du genre. Là, sachant qu’à moins d’un élément majeur que je ne pouvais déceler, je pourrais me débrouiller seul, je lançai à ceux qui s’étaient occupés d’elle un simple:  « Merci beaucoup. », parce que je ne me voyais pas faire comme mes collègues et leur demander de disposer. Je savais que dans cet habitat, j’avais plus de pouvoir et contrôle qu’eux, mais je ne les voyais pas comme tel, alors je ne me voyais pas leur donner des ordres, même si ce n’était que des formalités qu’ils devaient entendre plusieurs fois par jour. Heureusement, depuis le temps, ils l’avaient compris. Enfin, Jackson, celui avec qui je m’entendais le mieux, prenait toujours plaisir à se moquer de moi dans ces moments-là, s’amusant à tirer une révérence comme si j’étais roi d’Angleterre ou un truc du genre, mais il n’était pas là, occupé dans un campement différent. Mais là, ceux qui s’étaient occupés de la jeune chanteuse n’en firent rien, tournant les talons pour quitter le bâtiment, me laissant donc seul avec la demoiselle. Dans un premier temps, je servis un sourire à la fois timide et nerveux - bref, comme à mon habitude - tandis que j’enfilais mes gants, puis je m’approchai de nouveau de sa personne en lui disant, comme la coutume le voulait:  « Je m’appelle Lennon, je vais m’occuper de vous. » Cela pouvait sembler un peu idiot, mais on m’avait appris que cela avait pour don de rassurer les gens, surtout ceux qui n’avaient pas l’habitude des camps militaires. Et puis, j’avais réalisé au fil du temps que ça avait aussi le don de me rassurer moi-même, alors clairement, je n’allais pas m’en plaindre. Normalement, je ne m’attendais pas à quelconque réponse par la suite, parce que je n’en avais que très rarement, mais là, visiblement, la demoiselle crut bon d’ajouter:  « Moi c’est Naomi. », me laissant quelque peu surpris dans un premier temps, mais pas d’une mauvaise façon. J’avais été tant habitué aux gens qui ne voulaient pas vraiment interagir avec ma personne, parce que je les rendais inconfortables, que là, limite, cela me fit vraiment plaisir, si bien que mon sourire fut un peu plus détendu, et ce fut avec une aisance que je ne sus m’expliquer que j’attrapai le nécessaire pour commencer l’examen et que je demandai:  « Avant que je commence… Pouvez-vous me dire où vous avez mal exactement, Naomi ? » regrettant rapidement de ne pas avoir su me montrer plus jovial, ne serait-ce que pour lui dire que j’étais enchanté ou quelque chose dans le genre, mais tristement, il ne fallait pas trop m’en demander. Heureusement, la demoiselle ne sembla pas m’en tenir rancune, m’expliquant ce qui s’était passé, ce qui n’allait pas, rendant mon examen beaucoup plus simple et, sans que je m’y en attende vraiment, pas mal plus agréable.

En effet, en plus de ne pas avoir affaire à un cas des plus complexes nécessitant l’aide d’un médecin spécialisé ou quoi que ce soit dans le genre, guérir Naomi fut une expérience que j’estimai de particulièrement agréable. Alors qu’en temps normal, quand ils étaient capables de le faire, les gens qui passaient sur ces lits d’hôpital parlaient bien souvent que d’une chose, soit de leur vie de militaire. Ils parlaient de leur mission en cours, de leurs collègues, de leur blessures, discutant de choses que tristement, je ne pouvais pas toujours partager. Mais là, je ne savais pas si c’était parce qu’elle n’était pas habituée à cet environnement ou bien parce qu’elle ne souhaitait pas en discuter très amplement, mais nous nous retrouvâmes à discuter de tout et n’importe quoi, alors que me concernant, tenir ce genre de discussion n’était pas ce avec quoi j’étais le plus inconfortable. Mais avec elle, sans que je puisse m’expliquer pourquoi exactement, je n’eus aucun mal à le faire et plus encore, cela n’affecta pas mon travail. Enfin, je ne niais pas que compte tenu que ma concentration avait été différente, que je n’avais pas la faculté de faire deux choses en même temps à la perfection, je n’avais pas été aussi rapide et efficace qu’à mon habitude, mais j’y étais parvenu malgré tout, et ce fut presqu’avec regret que je lui annonçai, lorsque j’eus terminé de nouer le dernier bandage autour de son bras:  « Voilà, c’est terminé. » Je vis un joli sourire apparaitre sur le visage de Naomi, mais plutôt que de se lever et quitter, elle en vint à me demander:  « Vous pouvez recevoir des lettres ici ? » Ce fut une question qui me laissa quelque peu perplexe, non seulement en raison de son évidence - pour moi, je ne voulais pas dire qu’elle était idiote, loin de là - mais aussi parce que clairement, je ne m’attendais pas à ce qu’elle me la demande, surtout que je ne voyais pas où elle venait en venir. Au final, ce fut pour cette dernière raison que je décidai de ne pas angoisser, pas tout de suite, et lui répondre:  « Hum… Oui. », n’osant pas lui demander le pourquoi du comment elle en était venue à me poser une question de ce genre. Inutile de mentionner que par conséquent, lorsqu’elle en vint à me demander, d’un air plus gêné que je ne lui connaissais pas avant ce moment précis:  « Vous accepteriez que je vous écrive ? », me faisant comprendre que ce que j’avais ressenti plus tôt n’était rien par rapport à la confusion et la surprise qui vinrent soudainement m’envahir. Bouche-bée, je restai à la regarder, les lèvres entrouvertes, les yeux écarquillés, l’air, je le savais, complètement idiot. Pour tout dire, je ne savais pas quoi dire; premièrement, jamais personne ne m’avait proposé de m’écrire avant aujourd’hui. Enfin, sauf ma tante et ma cousine qui ne se gênaient pas pour le faire, et l’inverse était aussi vrai, mais sinon, je n’avais jamais forcé qui que ce soit à le faire. Dans cet ordre d’idées, le plus logique aurait été que je lui dise que non, je ne voulais pas lui imposer cela, alors que nous nous connaissions à peine, mais je réalisai avant de parler qu’en fait, je n’avais pas envie de lui refuser cela, parce que je me voyais déjà me faire un plaisir à recevoir ses lettres et à lui répondre par la suite. Au bout du compte, je fis violence sur mes principes de base, et je lui répondis, dans un haussement d’épaules:  « Eh bien, pourquoi pas ? », regrettant encore une fois ma réponse, mais cette fois-ci, je fus en mesure de l’ajuster en ajoutant:  « Cela me ferait plaisir. » Ce dernier propos arracha un sourire à Naomi qui affirma, l’air satisfait:  « Et bien, je vous écrirai dans ce cas, c’est promis. » Suite à cela, je restai un petit moment à la contempler, toujours ce même sourire un peu stupide sur les lèvres, et c’est là que je fus rappelé à la réalité, cette réalité qu’elle ne pouvait pas rester une éternité dans cette tente et que je devais terminer ce que je faisais. Confirmant d’un regard que tout était convenable, je secouai la tête pour reprendre ma contenance, et je lui dis:  « Voilà, tout devrait aller maintenant. Si jamais vous ne vous sentez pas bien avant de partir, vous n’avez qu’à revenir me voir. » Sur ces mots, je me décalai pour la laisser se lever, m’assurant qu’elle n’allait pas avoir un moment de faiblesse ou quoi que ce soit du genre, mais elle semblait aller bien, me signifiant qu’elle ne reviendrait probablement pas. Je me surpris à en être déçu pendant un bref moment, mais je chassai rapidement cette pensée, me rendant compte que ce n’était pas gentil de souhaiter qu’elle ne se sente pas bien. Puis, l’air rêveur, je la regardai quitter l’habitacle, en venant déjà à me demander si elle allait effectivement m’écrire et si oui, quand elle le ferait, en espérant évidemment que ce serait pour très bientôt.

Chapter V : Don't Let Me Down
 « Mesdames et messieurs, nous traversons actuellement une zone de turbulence. Nous vous demandons de demeurer assis à vos sièges et attacher vos ceintures. Vous n’avez pas à vous inquiéter. » Comment étais-je supposé rester calme, alors que l’avion tremblait comme s’il était sur le point de chuter et s’écraser à tout moment ? En panique, même si je savais très bien que ce n’était pas le moment de faire une scène, je regardai autour de moi, tentant tant bien que mal de jeter un oeil au hublot, craignant de voir un réacteur en feu ou quelque chose comme cela. Finalement, regarder le ciel ne m’aida pas du tout, m’obligeant à me rétracter, coller la tête sur mon siège comme si celle-ci y était attachée avec du scotch, appuyant les deux appui-bras m’entourant comme si ma vie en dépendait. Mon souffle était saccadé, je n’arrivais pas à garder les yeux ouverts, parce que tout ce qui m’entourait me faisait peur. J’avais peur d’être confiné, j’avais peur des hauteurs, j’avais peur de la chute, j’avais peur de tout cela en une seule fois. Puis, au bout de quelques minutes, le tout se calma. Je pus commencer à respirer plus normalement, jusqu’à ce qu’environ 30 minutes plus tard, une sensation de chute me fit paniquer à nouveau. Mais cette fois-ci, je ne restai pas sans qu’on m’occupe de moi. Au début, je ne m’en rendis pas compte lorsque l’agent de bord vint à ma rencontre avec un simple  « Monsieur ? » que je ne perçus pas comme étant à mon adresse dans un premier temps, obligeant l’homme à réitérer en ajoutant cette fois-ci:  « Monsieur ?! Il faut attacher votre ceinture, nous atterrissons. », me laissant quelque peu idiot, idiot parce que j’avais paniqué encore une fois sans trop peu de raison, idiot parce qu’en fait, je ne comprenais même pas pourquoi je ne l’avais pas laissée attachée de la dernière turbulence. Parce que j’avais l’impression que celle-ci m’étouffait ? Parce que Jackson, lui, était attaché dans cet hélicoptère et pourtant, lui, il avait péri, contrairement à moi qui était dans l’habitacle, à m’occuper du blesser que nous avions pour mission de ramener ? Pourquoi avait-il fallu que ce soit lui, qui était celui qui était installé de la façon la plus sécuritaire, qui perde la vie et pas moi ? Pourquoi fallait-il que ce soit moi qui se retrouve dans cet avion, peinant à boucler ma ceinture, peinant à faire quoi que ce soit, même lire la dernière lettre de Naomi qui, au final, était restée dans mon sac, parce que chaque fois que je parvenais à me convaincre de la prendre pour la lire et peut-être lui répondre, je me dissuadais parce que quelque chose me faisait paniquer, comme je paniquais quand j’étais enfant. À nouveau, je m’étais senti vulnérable, j’avais eu l’impression d’avoir perdu toute cette confiance que j’étais parvenu à m’approprier pendant toutes ces années. Inutile de mentionner que ce trajet avait probablement représenté le pire de toute ma vie et qu’une fois que nous eûmes atterri, que je sentis l’appareil s’immobiliser, ce fut un soulagement, si fort qu’il fallut que je passe mes mains dans mon visage pour ne pas commencer à pleurer ou hurler tant la pression qui chutait était forte, tant je me sentais vidé de m’être stressé pendant ces sept heures de vol. Pendant de longues secondes, alors que nous attendions l’autorisation de sortir, j’inspirai profondément, tentant de me convaincre que maintenant, j’étais sur la terre ferme, et vu ma mutation, je n’aurais plus à reprendre un de ces appareils de si tôt et si jamais il le fallait, pour sûr, j’allais éviter de le faire à tout prix.  De toute façon, mon prochain voyage aurait été avec Jackson, en Floride, pendant quelques jours lors de sa permission… Maintenant, celui-ci allait tomber à l’eau, parce que Jackson n’était plus là, plus jamais il ne serait là…  « Vous pouvez maintenant sortir. Nous vous souhaitons une bonne fin de journée et nous vous remercions d’avoir voyagé avec nous. » Habituellement, j’étais capable de faire preuve de savoir-vivre, et on m’avait appris à être courtois, donc mes principes auraient voulu que, compte tenu que j’étais vers l’arrière de l’appareil, je laisse les gens passer avant de sortir. Mais là, dans le stress, la panique, mes principes avaient pris le bord. Sans attendre plus longtemps, je pris mon sac, le refermai d’une main tremblante, puis je le balançai sur mon épaule avant de me frayer un chemin à toute vitesse dans l’allée, ne laissant pas passer aux moins deux dames qui eurent ensuite un air offensé que je ne vis pas, parce que je ne voulais pas le voir de toute façon. Ce fut à peine si je remerciai l’agent de bord, qui me regarda sortir en sourcillant légèrement. En courant presque, je traversai le tunnel reliant l’avion à l’aéroport, et une fois que je vis devant moi se dessiner le terminal que j’avais vu si souvent, sans me sentir comme tel précédemment, j’expirai profondément; j’étais officiellement sur la terre ferme et maintenant, je n’allais plus la quitter. Submergé par l’émotion, il me fallut arrêter pendant un bref moment pour reprendre encore une fois ma contenance, ce qui fut encore plus difficile puisque là, sans que je ne le veuille, une larme roula sur ma joue, parce que je n’étais plus en mesure de la retenir entre tous mes souvenirs me ramenant à Jackson, la panique dans l’avion et tout ce qui venait avec. Maladroitement, je la chassai de ma main, puis finalement de ma manche, ayant la vague impression que je n’y avais même pas touchée dans un premier temps. Puis, avant que d’autres gens ne viennent se mêler à la partie, que certains posent des questions ou me regardent étrangement comme on me regardait au lycée - ce qui serait le bouquet - je repris ma route, me rendant au contrôle de sécurité et finalement, au carrousel à bagages pour récupérer le reste de mes sacs, comme n’importe quel voyageur à peu près normal, parce que je savais que c’était un simple processus pour rentrer chez moi et surtout, que le pire était maintenant passé.

Toutefois, même si ces processus ne furent pas des plus pénibles, je ne fus pas totalement rassuré tant et aussi longtemps qu’avec mes bagages en main, j’arrivai finalement à la sortie, dans l’aire d’attente des visiteurs. Enfin, visiteurs, j’étais peu persuadé que c’était le terme approprié, puisque bien souvent, les gens qui étaient à l’aéroport avaient une bonne raison de l’être, outre que de traîner là, à tout hasard. Après, j’ignorais quel serait le mot le plus approprié pour le coup, d’autant plus qu’en mon sens, ce n’était pas l’essentiel. En effet, l’essentiel pour moi fut le fait que comme à quelques reprises précédemment, quand je rentrais de mission pour une permission de quelques jours à quelques semaines, quelqu’un m’attendait. Et cette personne, aujourd’hui, c’était ma cousine, Carter, qui avait accepté de venir me chercher. Inévitablement, ce fut son visage que je cherchai parmi les nombreux qui attendaient, mais parce que je la connaissais par coeur, parce que me connaissant, je pourrais la reconnaitre entre mille, je ne mis pas de temps à voir son visage. Oubliant à présent tous mes soucis et mes angoisses, j’esquissai un large sourire, puis je m’approchai. Mettant encore une fois de côté la galanterie et tout, j’eus tout juste le temps de lui lâcher un petit:  « Hey… » avant de céder à la tentation de la prendre dans mes bras pour une étreinte de retrouvailles qui, je ne pouvais pas le nier me fit le plus grand bien, à un tel point que je la fis durer plus longtemps que la normale, et quand je me décalai, je n’eus aucun mal à lui dire, avec une voix quelque peu émotive quand même:  « Tu m’as manquée… » J’eus droit à la pareille de la part de ma cousine, ce qui me motiva grandement à garder mon sourire, mais bien rapidement, je n’eus pas d’autre choix que de porter mon attention sur ce qu’elle avait apporté, ou plutôt sur la personne qu’elle avait emmenée. En effet, dans une poussette devant elle se trouvait un petit garçon, endormi pour le moment, si profondément que je me demandais comment il faisait. Évidemment, je n’allais pas faire exprès de le réveiller pour autant, ce fut sur Carter que je reportai mon attention pour lui demander:  « Ça doit être le petit Steve alors, je me trompe ? » considérant que même si je savais que ma cousine avait mis au monde son fils il y a un moment maintenant, je n’avais malheureusement pas eu l’occasion de le voir avant aujourd’hui. Bien sûr, je n’avais pas hésité de lui envoyer un paquet de cadeaux, mais ce n’était rien comparativement au fait de le rencontrer. Enfin, j’étais persuadé de voir devant moi le fils de ma cousine, mon petit-cousin en l’occurence, mais Carter en vint à me dire:  « En fait non… » Intrigué, je fronçai les sourcils en continuant de la considérer, et le plus sérieusement du monde, elle ajouta:  « Lennon, je te présente ton fils, Alfred. » Naïf de nature, ayant perdu l’habitude qu’une des personnes les plus précieuses dans ma vie se foute de moi, je commençai à la regarder, incrédule, troublé. Puis, avant que je vienne à la conclusion que ce n’était pas logique, d’aucune façon, Carter commença à éclater de rire comme elle le faisait chaque fois qu’elle parvenait à me jouer un mauvais tour, comme en ce moment. Cette réaction me laissa quelque peu gêné, et par réflexe, j’en vins à lui dire:  « T’es pas drôle… » même si au fond, je n’étais pas tant affecté par le fait qu’elle avait réussi à me faire cette petite blague, certainement facile pour elle. En vérité, cela me faisait du bien de voir que même si bien sûr, la vie de ma cousine avait changé avec l’arrivée de son fils, mais qu’au fond, certaines choses étaient demeurées les mêmes depuis que j’étais parti. Je savais aussi que ce fait n’allait pas rendre tout plus facile, mais au moins, si je pouvais me trouver quelques repères, je n’allais certainement pas m’en plaindre. Ravi et heureux, je n’eus soudainement plus envie de rester planté là, et je me doutais bien que ma cousine et son fils non plus. Voilà pourquoi je me décidai à proposer:  « Vous avez du temps libre ? Vous pouvez venir chez moi, on se fera livrer une pizza. » parce que je n’avais pas envie d’être seul, tellement que pour être persuadé de la convaincre, j’ajoutai:  « Bien sûr c’est moi qui invite ! » tandis que nous prenions ensemble la route de la sortie de l’aéroport, et que de mon côté, je prenais la route vers un nouveau chapitre de ma vie, de retour à la maison, espérant juste que je serais en mesure de me remettre de ce qui avait pu se passer et aller de l’avant, comme j’avais été capable de le faire précédemment.


Dernière édition par Lennon P. Daugherty le Mer 28 Déc - 23:04, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Dim 25 Déc - 22:39

I love you

re-bienvenue chez toi ♡♡♡♡♡♡
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Chelsea BerkeleyGod bless America… and Me
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Dim 25 Déc - 22:40

Re-bienvenue ici pink il est joli ce jeune homme

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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Dim 25 Déc - 22:41

Rebienvenue :p
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Dim 25 Déc - 23:44

Gosh
Red bienvenue
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Lun 26 Déc - 0:48

Couuuuuuuuuuuuuuuuuuuusin T'es seksy en Eddie

Re-bienvenue J'ai hâte de jouer ce duo

_________________

To say that one waits a lifetime for his soulmate to come around is a paradox. People eventually get sick of waiting, take a chance on someone, and by the art of commitment become soulmates, which takes a lifetime to perfect.
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Lun 26 Déc - 1:53

Re bienvenue parmi nous
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Lun 26 Déc - 10:34

Oooh Eddy !

REBIENVENUUUUUUUUUUUUUUUUUE !!! string
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   Lun 26 Déc - 11:52

Re bienvenue
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MessageSujet: Re: LENNON ▬ I wanna hold your hand   

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